
À la suite de la mort de onze personnes dans les locaux
de l’Unité antidrogue de la police à
Ouagadougou, les autorités
continuent la purge au sein de la police judiciaire. Cette fois, la
directrice de cette entité stratégique a été limogée.
Alors que les premiers résultats de l’enquête ouverte par la procureure du Faso, à la suite de la mort de onze personnes dans les locaux de l’Unité antidrogue de la police nationale à Ouagadougou, ne sont pas encore connus, les sanctions commencent à tomber.
Après la suspension du commissaire de l’Unité antidrogue, le
commissaire Richard Bélem, les autorités continuent de faire le ménage
au sein de la police judiciaire, avec le limogeage de la directrice de
la police judiciaire Néné Ouedraogo, commissaire principal de police. «
Je vous informe que vous êtes suspendue de vos fonctions de directrice
de la police judiciaire à la Direction générale de la police à compter
de ce jour, le 17 juillet 2019, l’a informé Ousséni Compaoré, le
ministre de la Sécurité, dans un courrier confidentiel. En attendant la
nomination de votre successeur, un intérimaire sera désigné par Monsieur
le directeur général de la police nationale pour la gestion des
affaires courantes ».
Dans la foulée de cette décision, neuf policiers de l’Unité
antidrogue ont été mutés en attendant les résultats de l’enquête ouverte
pour déterminer les causes de ces décès. Mardi, une source proche de
l’enquête reconnaissait auprès de Jeune Afrique, sous couvert de l’anonymat, « la négligence et l’irresponsabilité des agents de la police judiciaire dans ce drame ».
Des conditions inadaptées ?
Cette affaire soulève néanmoins l’épineuse question des capacités
d’accueil des services de police. « Tant que les politiques ne vont pas
améliorer les conditions de détention dans nos cellules de garde à vue,
c’est de la poudre aux yeux, a déploré sous couvert de l’anonymat un
membre de l’Unapol, le syndicat de la police nationale burkinabè qui a
dépêché une délégation sur place. Le bâtiment de l’Unité antidrogue est
inadapté aux gardes à vue, et les conditions de détention y sont
dégradantes pour les détenus ».
Les onze personnes décédées – principalement des Burkinabè – étaient
en garde à vue avec une trentaine d’autres détenus dans les locaux de
l’Unité, chargée de lutter contre la consommation et le trafic de
stupéfiants. Officiellement, aucune information concernant les
circonstances exactes de leur mort dans la nuit du dimanche à lundi n’a
pour l’instant été confirmée. Selon les informations de Jeune Afrique, les conditions de leur détention pourraient être mises en cause dans le déclenchement des événements.

