
Washington | L’ancienne Première dame des États-Unis
Michelle Obama est montée au créneau
vendredi après plusieurs jours de
polémiques liées à des propos du président Donald Trump visant plusieurs
élues du Congrès issues de minorités. Pour elle, la «grandeur» de
l’Amérique vient de sa «diversité».
«Ce qui fait vraiment la grandeur de notre pays, c’est sa
diversité», a tweeté Mme Obama, faisant une allusion à peine déguisée au
slogan de Donald Trump pour la campagne présidentielle de 2016: «Rendre
à l’Amérique sa grandeur».
«J’ai vu cette beauté de tellement de façons différentes au fil
des années», a-t-elle poursuivi. «Que nous soyons nés ici ou que nous
ayons cherché refuge ici, il y a une place pour nous tous».
«Nous devons nous souvenir que ce n’est pas mon Amérique ou votre Amérique. C’est notre Amérique», a-t-elle conclu.
Le président américain est engagé depuis dimanche dans une
bataille verbale avec plusieurs élues démocrates de la Chambre des
représentants, toutes issues de minorités, auxquelles il a notamment
intimé de «quitter» les États-Unis si elles ne les «aiment pas».
La controverse est repartie de plus belle lorsque le public venu
assister à son rassemblement mercredi soir a scandé «Renvoyez-la!
Renvoyez-la!» après l’évocation par le président d’Ilhan Omar, l’une des
deux premières femmes musulmanes élues au Congrès.
Contrairement aux trois autres femmes ciblées par le milliardaire
républicain, qui sont nées aux États unis, Ilhan Omar y est arrivée
enfant en tant que réfugiée somalienne.
Donald Trump a tenté jeudi de se distancier des chants de ses partisans, sans convaincre.
Et vendredi matin, sur Twitter, il a attaqué la couverture
médiatique – «dingue», selon lui – des cris de ses partisans mercredi
soir, tout en dénonçant l’«alliance malsaine» des médias avec ses
opposants démocrates.
Interrogé plus tard vendredi sur son opinion concernant la teneur
de ces cris, le président a qualifié son auditoire de «personnes
incroyables».
«Je ne suis pas content quand une parlementaire dit “je vais être
le cauchemar du président”», a-t-il relevé, faisant référence à des
déclarations jeudi d’Ilhan Omar.
«Je suis convaincue que c’est un fasciste», a-t-elle dit au sujet
du milliardaire. «Le cauchemar (de Donald Trump) est de voir une
réfugiée somalienne parvenir au Congrès», a-t-elle lancé.
Réplique de l’intéressé vendredi: «Elle a de la chance d’être là
où elle se trouve, laissez-moi vous le dire. Et les choses qu’elle a
dites sont une honte pour notre pays».
Par Le Journal de Montréal

