
Au Bénin, l’histoire politique vient de prendre un nouveau tournant, ce 1er
novembre 2019. Dans la nuit du
jeudi au vendredi, et pour la première
fois en 29 ans, le parlement a adopté, à l’unanimité, le projet de
modification de la constitution du pays.
D’après des sources proches du parlement, la modification a été adoptée à 83 voix pour, zéro contre et zéro abstention.
A
l’issue des débats, les modifications adoptées concernent plusieurs
points, dont la limitation à trois du nombre de mandats des députés,
ainsi que des dispositions transitoires pour l’organisation des
premières élections générales (présidentielle, législatives et
communales) pour l’année 2026.
La
modification de la durée du mandat présidentiel, qui avait pourtant été
une promesse de campagne du président Patrice Talon, n’a pas été
adoptée.
Ce
vendredi, les Béninois se réveilleront donc avec une nouvelle loi
fondamentale, dans un contexte politique marqué par des violences
post-électorales, après les élections législatives d’avril dernier, dans
le pays. Celles-ci avaient abouti à l’élection d’un parlement issu de
partis proches du pouvoir, déclenchant l’ire des principaux partis
d’opposition, dont les dossiers de candidature n’avaient pas été validés
par la commission électorale pour le scrutin.
Cette
nouvelle modification intervient après deux rejets, en 2017 et en 2018,
du projet gouvernemental de modification de la constitution par
l’ancienne législature de l’Assemblée nationale du pays.
Pour
rappel, la constitution de la République du Bénin a été adoptée en 1990
après 18 années de dictature sous le régime de l’ancien président
Mathieu Kérékou. A l’issue d’une Conférence nationale des forces vives,
le pays avait pris un nouveau tournant démocratique, devenant depuis
lors l’une des références en la matière, en Afrique.
Moutiou Adjibi Nourou
Par Agence Ecofin

