
PARIS (Reuters) - Christine Lagarde, la présidente de la Banque
centrale européenne (BCE), a écarté
jeudi sur France Inter l'idée d'une
annulation globale des dettes contractées par les Etats de la zone euro
dans leur gestion coûteuse de la pandémie du coronavirus.
"Ça me paraît totalement impensable", a-t-elle déclaré en réponse à une question sur ce sujet.
Elle a par ailleurs souligné qu'il faudrait "beaucoup plus de temps"
que deux, trois, cinq ou dix ans pour que les Etats de la zone euro
sortent de cet endettement.
"Si dès la crise passée, la croissance revenue, on se met à resserrer
tout de suite les politiques budgétaires et si on freine la croissance,
on va retomber dans un écueil absolument à éviter", a dit la présidente
de la BCE.
"Donc il faudra dans le temps, progressivement, procéder au
remboursement des dettes et se remettre dans une pente plus stable et
plus propice au bon équilibre des finances publiques, mais il ne faudra
pas le faire de manière brutale."
Sur France 2, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de
France, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a souligné qu'il
était "trop tôt pour donner des chiffres globaux" relatif au coût
budgétaire du "bouclier" mis en place pour protéger les entreprises et
les salariés.
"En fonction de la durée, l'addition économique et l'addition
budgétaire sera plus ou moins lourde mais de toute façon elle pèsera,
c'est sûr", a-t-il dit.
"Quinze jours de confinement, ça coûte à la croissance 1,5 point de
PIB annuel et ça coûte en déficit - le coût de ce bouclier qui protège
les entreprise et les Français - plus de 1 point de PIB supplémentaire
c'est-à-dire plus de 20 milliards (d'euros) par quinze jours de
confinement", a précisé François Villeroy de Galhau.
"Un jour oui, il faudra rembourser cette dette, ça sera dans la durée,
nous devrons faire un effort budgétaire avec des dépenses plus
sélectives, mais cet effort sera aidé par des taux d'intérêt qui vont
rester très bas et par l'action de la Banque centrale européenne qui
fournit aujourd'hui des liquidités pour permettre de payer ces dettes."
(Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot)

