
Aux États-Unis, New York reste au cœur de cette épidémie de coronavirus.
Pour la ville qui ne dort
jamais, le confinement qui se prolonge a de
graves conséquences sur l'économie et sur les huit millions d'habitants.
Des nombreux commerces et restaurants sont fermés, des milliers de
personnes se retrouvent sans travail.
Dans un quartier de New York, une scène presque irréelle. Sur
plusieurs pâtés de maisons, des dizaines et des dizaines de taxis jaunes
garés, hors service. Symboles éternels de la ville, les taxis jaunes
font partie des plus touchés par la crise liée au coronavirus. Avec le
confinement, leur clientèle a baissé de 75%. De ce qu’il reste, « la
majorité, c’est ceux qui vont dans les hôpitaux, ceux qui font des
livraisons dans les hôpitaux et ceux qui ont travail et ne peuvent pas
s’arrêter. », explique Saibou Sidibé, de l’alliance des travailleurs de taxis.
Il
est lui-même chauffeur à mi-temps. Pour une journée de travail, les
taxis gagnent aujourd’hui 50 dollars. Avant, c’était environ 300
dollars. « C’est dur, parce qu’ils doivent payer le médaillon des voitures, vous devez payer le carburant, vous devez payer l’assurance », énumère-t-il. Un gain faible pour un risque trop élevé qui pousse de plus en plus de chauffeurs à rester à la maison. « Les
chauffeurs ont peur aujourd’hui en général et chacun cherche à se
protéger. Tu sais que tu roules, tu ne sais pas qui tu prends », dit-il.
« En l’espace de cinq minutes, j’ai perdu mon restaurant »
Arrêter de travailler, c’est aussi ce qu’a dû faire Amanda Cohen. Il y
a tout juste un mois, son restaurant, « Dirt Candy », était complet
tous les soirs. Pour 100 dollars, elle proposait un menu dégustation.
Une formule qui ne se prête pas à l’option à emporter. Elle a tout
simplement été obligée de licencier ses 30 employés. « C’était un
moment très triste. On n’avait aucune idée de quand on se reverrait. En
l’espace de cinq minutes, j’ai perdu mon restaurant », déclare Amanda Cohen.
Comme
le « Dirt Candy », de nombreux restaurants parmi les 25 000 que compte
New York vont sans doute disparaître. Pour Amanda Cohen, cette crise
sanitaire a exposé les défaillances du système américain qui offre peu
ou pas de sécurité d’emploi.
Des aides de plus en plus sollicitées
Depuis
le début du confinement il y a un peu plus d’un mois, au moins 10% des
habitants de la région de New York se sont inscrits au chômage, et les
soupes populaires et banques alimentaires comme celle de Denise
Scaravella sont plus que jamais sollicitées. « Beaucoup de nos
bénéficiaires aujourd’hui sont des familles. Je n’avais jamais eu ça. On
a toujours eu des hommes seuls ou des femmes qui vivent dans le métro
ou le parc. Mais aujourd’hui, eux viennent toujours et on a aussi de
plus en plus de familles. On n’avait jamais vu ça à ce point avant », constate-t-elle.
D’habitude,
Denise Scaravella servait moins de 300 repas sur une journée entière.
Aujourd’hui, en deux heures, elle en distribue jusqu’à 400. Une demande
de plus en plus forte, alors que de nombreuses banques alimentaires ont
dû fermer faute de donations ou de nourritures suffisantes.
Par RFI

