52 296 morts et
925 000 cas vendredi soir. L’épidémie de Covid-19 continue de sévir aux
États-
Unis. Pour tenter de limiter son impact économique, Donald Trump a
signé une loi débloquant près de 500 milliards de dollars
supplémentaires alors que l’État de Géorgie vient de rouvrir
son économie.
Aux
États-Unis, le Covid-19 a désormais tué seize fois plus que les
attentats du 11 Septembre et pourrait dépasser le bilan humain de la
guerre du Vietnam dès le milieu de la semaine prochaine, annonce The Hill, qui évoque un “cap sinistre”,
celui des 50 000 morts. Plus de 900 000 personnes ont par ailleurs été
testées positives au coronavirus, près d’un tiers des cas sur la
planète, ajoute le site.
Au-delà de leur santé, “le virus a un impact sans précédent sur la vie quotidienne des Américains”, note USA Today.
Le chômage – un Américain sur six a perdu son emploi depuis le début de
la crise sanitaire, selon le quotidien – atteint des niveaux pas vus
depuis la dépression des années trente. Pour soutenir l’économie du
pays, Donald Trump a signé vendredi une loi autorisant une aide
gouvernementale supplémentaire de 484 milliards de dollars, dont 310
destinées aux PME.
Cette
aide d’urgence, ajoutée au plan de relance de 2 milliards de dollars
voté par le Congrès le mois dernier, contribue à creuser un déficit
record. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) a estimé qu’il s’élèverait pour l’année fiscale 2020 à 3 700 milliards de dollars avec une “chute historique de l’activité” au printemps, rapporte le New York Times.
Le chômage pourrait atteindre 12 % à la fin de l’année, très loin des
3,5 % de février. La dette publique représenterait alors 101 % du PIB.
Dans ce contexte budgétaire tendu, “il n’y aura pas d’autre plan sans aides locales et pour les États”,
a prévenu vendredi Nancy Pelosi, la leader des démocrates à la Chambre
des représentants. Mais rien ne prouve que les républicains,
majoritaires au Sénat, partagent son approche, remarque le Washington Post.
Mitch McConnell,
chef des sénateurs républicains, ou Ted Cruz, son collègue du Texas,
ont tous les deux fait part de leur peu d’enthousiasme à alourdir la
charge du contribuable pour des villes et des États qu’ils accusent
d’avoir dépensé à tort et à travers. Cette attention soudaine au déficit
“irrite” les démocrates, peut-on lire dans le Post, sachant que le GOP ne s’en est pas préoccupé au moment de voter en faveur d’une baisse d’impôts de 1 500 milliards de dollars en 2017.
Nouvelle polémique pour Donald Trump
Cette
pression économique explique en partie pourquoi Brian Kemp, le
gouverneur républicain de Géorgie, a décidé de prendre une mesure
critiquée et de rouvrir l’économie de son État à partir de ce vendredi. L’Atlanta Journal-Constitution a constaté
des files d’attente devant les salons de coiffure, l’une des catégories
de commerces autorisées à rouvrir avec les spas et les tatoueurs. Les
protocoles sanitaires du moment obligent à prendre la température des
clients à l’entrée. Certains salons imposent la signature d’une décharge
pour ne pas être poursuivis en cas de contaminations. L’un des
coiffeurs interrogés par le quotidien dit aussi s’être débarrassé de ses
habituels magazines pour les clients.
Dans le Michigan, au contraire, le confinement a été prolongé jusqu’au 15 mai, même s’il a été assoupli, indique CBS News. L’État
est l’un des plus touchés du pays avec déjà 3 000 morts. En Californie,
où malgré une population de 40 millions d’habitants, le bilan
(1 500 morts, 40 000 cas) reste plus léger qu’ailleurs aux États-Unis,
les autorités craignent de voir les plages bondées ce week-end en raison
de la vague de chaleur attendue, précise le Los Angeles Times.
À
Washington, c’est une déclaration de Donald Trump qui a échauffé les
esprits. Jeudi, lors de son point quotidien sur le coronavirus, le
président américain a suggéré qu’ingérer un produit désinfectant
pourrait aider à lutter contre le virus. Des propos qui ont
immédiatement fait polémique, obligeant des médecins et des fabricants
de ces produits à rappeler des principes de bon sens.
Vendredi matin, le chef de l’État a assuré avoir en réalité “posé une réalité sarcastique à la presse”. L’explication n’a pas convaincu CNN. “Le président Donald Trump a menti”, insiste la chaîne. “Rien
n’indique qu’il n’était pas sérieux. Il s’est trompé aussi quand il a
nié avoir posé la question à des experts médicaux […] Il les regardait” en évoquant le sujet, renchérit CNN.
“Ceux
qui connaissent le mieux le président disent que même une crise ayant
dévasté des familles américaines et mis l’économie à genou l’a à peine
changé”, affirme de son côté Politico, qui a interrogé onze de ses anciens collaborateurs. “Ce gars n’a pas changé d’un iota”,
commente Anthony Scaramucci, éphémère directeur de la communication de
Donald Trump. Généralement volubile lors de sa conférence quotidienne
sur le coronavirus, le pensionnaire de la Maison Blanche a quitté la
salle de presse sans accepter de question vendredi.

