
La Banque de France anticipe une chute record d'environ 10 % du PIB
cette année. Il faudra attendre
2022 pour que l'économie française
retrouve son niveau d'avant la crise sanitaire du Covid-19. Cette
reprise pourrait aussi être plus rapide si un vaccin contre le
coronavirus était découvert.
Après sa mise à l'arrêt pendant le confinement et son redémarrage progressif, l'économie française va mettre du temps à se remettre
de la pandémie de Covid-19, prévient la Banque de France. L'institution
anticipe une chute record d'environ 10 % du PIB cette année.
La
reprise "progressive" entamée avec la levée du confinement et qui se
traduira par un rebond de l'économie dès le troisième trimestre ne
suffira pas a éviter une récession inédite de l'économie cette année.
Évaluée
à -10 %, cette prévision est proche des -11 % anticipés par le
gouvernement dans le troisième projet de loi de finances rectificative,
qu'il présentera mercredi en Conseil des ministres.
Une chute de 15 % du PIB pour le second trimestre
Après
cela, "2021 et 2022 seraient des années de redressement net mais
progressif", prédit la Banque de France, avec une croissance de 7 %
prévue l'an prochain, puis une progression de 4 % du PIB en 2022.
Mais
"ce fort rebond apparent ne permettrait pas de retrouver le niveau
d'activité de fin 2019 avant mi-2022", prévient la banque centrale
française, première institution publique à publier des prévisions
économiques à cet horizon.
En effet, l'économie française doit
redémarrer à partir d'un niveau historiquement désastreux. Après le
recul du PIB de 5,3 % au premier trimestre, selon l'évaluation de
l'Insee, l'économie devrait plonger d'environ 15 % au deuxième
trimestre, prévoit la Banque de France. Elle est un peu plus optimiste
que l'Insee qui table sur une chute de 20 %.
Prévisions de hausse du chômage
L'élément
"essentiel" de la reprise sera le rythme du rebond de la consommation
des ménages. Il est "probable que la montée attendue du chômage et le
contexte global de forte incertitude continuent de peser sur les
comportements d'achats", juge la Banque de France.
Avec une
épargne cumulée autour de 100 milliards d'euros, le taux d'épargne des
ménages dépassera les 22 % cette année et la consommation reculera de
9,3 %.
Si le dispositif massif de chômage partiel mis en place par
le gouvernement va quelque peu ralentir l'impact de la crise sur
l'emploi et le pouvoir d'achat cette année, le taux de chômage devrait
atteindre plus de 10 % fin 2020, et grimper jusqu'à un pic supérieur à
11,5% à la mi-2021, un niveau "au-dessus des précédents historiques",
projette la Banque de France.
Et là encore, il faudra attendre 2022 pour le voir redescendre à 9,7
%. Le pouvoir d'achat devrait lui légèrement reculer de 0,5% cette
année, avant de repartir à la hausse mais à un rythme bien plus faible
que l'activité.
La situation sanitaire sous surveillance
L'ensemble
de ce scénario de reprise repose sur une circulation du Covid-19
persistante mais sous contrôle et une économie qui s'adapte aux
contraintes sanitaires. Et il ne tient pas compte des futures mesures de
relance que le gouvernement devrait prendre, à la fois dans son nouveau
budget rectifié et dans le plan de relance annoncé pour la rentrée.
Cette
reprise pourrait aussi être plus rapide si une solution médicale
pérenne arrivait mi-2021, note la Banque de France. Ou à l'inverse
beaucoup plus lente si l'épidémie reprenait de la vigueur et imposait de
nouveau des mesures de confinement, prévient-elle.
Par France24 Avec AFP

