Le gouvernement américain s'est engagé à investir jusqu'à près
d'un milliard de dollars pour le
développement de ce potentiel vaccin
contre le Covid-19, qui entre dans la phase finale de ses essais
cliniques ce lundi.
La biotech américaine Moderna entre ce lundi dans la phase finale de ses essais cliniques
pour un vaccin contre le Covid-19, afin de tester l'efficacité de ce
dernier dans des conditions réelles. Le gouvernement américain s'est
engagé pour l'occasion à apporter jusqu'à 472 millions de dollars
supplémentaires à la firme, en plus des 483 millions déjà annoncés.
Alors
que la course au vaccin fait rage entre plusieurs laboratoires à
travers le monde, celui de Moderna est dans le peloton de tête en
entrant déjà dans cette phase finale des essais cliniques, déterminante
pour savoir s'il est efficace et sûr. L'Express fait le point.
- Pourquoi ce vaccin suscite l'espoir?
En
mai dernier, Moderna, première entreprise de biotechnologies à avoir
testé un vaccin sur l'homme, avait rendu publics les "résultats
intérimaires" de la phase 1 du test, selon lesquels le vaccin avait
provoqué une réponse immunitaire chez huit patients. Selon l'article publié dans le New England Journal of Medicine
mi-juillet, les 45 participants à la phase 1 avaient été divisés en
trois groupes de 15, auxquels des doses de 25 microgrammes, 100
microgrammes et 250 microgrammes ont été administrées. Ils ont reçu une
deuxième dose, dans les mêmes quantités, 28 jours plus tard.
Après la première administration, il a été constaté que les niveaux
d'anticorps étaient plus élevés avec les doses plus fortes ; après la
deuxième, les participants avaient de plus hauts niveaux d'anticorps que
la plupart des patients ayant eu le Covid-19 et ayant généré leurs
propres anticorps. D'autre part, plus de la moitié des participants ont
expérimenté des effets secondaires légers ou modérés, ce qui est
considéré comme normal. Parmi ces effets secondaires figurent fatigue,
frissons, maux de tête et douleur là où le vaccin a été injecté.
Alors
qu'un vaccin classique consiste à inoculer à l'individu une partie du
virus affaibli ou mort afin de stimuler les défenses immunitaires de
l'organisme, le vaccin ARN messager testé par Moderna consiste quant à
lui à inoculer une part du code génétique du virus et non le virus
lui-même. Une technologie qui n'a à ce jour jamais prouvé son efficacité
contre d'autres virus.
- Comment va se dérouler la dernière phase de test?
Déterminante, la phase 3 de l'essai, qui est donc lancée à parti de ce lundi, fera appel à 30 000 personnes aux Etats-Unis. La moitié d'entre elles recevront une dose de 100 microgrammes, les autres un placebo.
Les
chercheurs les suivront ensuite pendant deux ans pour déterminer si
elles sont protégées contre une infection par le SARS-CoV-2. Ou, si
elles sont malgré tout infectées, si le vaccin peut prévenir la
progression vers des symptômes. L'étude devrait durer jusqu'au 27
octobre 2022, mais des résultats préliminaires devraient être
communiqués bien avant cette date.
Même si des symptômes sont
constatés, le vaccin peut être considéré comme un succès s'il empêche
les cas graves de Covid-19. Il est également possible, selon les
chercheurs, que le vaccin n'empêche pas d'être contaminé mais bloque le
développement des symptômes du Covid-19. Cette ultime étape doit aussi
permettre de s'assurer que le vaccin ne génère pas d'effets indésirables
graves.
- Quand espérer une mise sur le marché ?
Si
le vaccin obtient des résultats concluants, la firme espère une mise
sur le marché avant la fin de l'année 2020 explique auprès de 20 Minutes le professeur Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations à la Haute Autorité de santé.
Si
ce dernier fait ses preuves, il faudra alors que la firme obtienne
l'autorisation de mise sur le marché. Aux Etats-Unis, cette charge
revient à la FDA. Quant à l'Europe, l'Agence européenne du médicament
devra examiner les résultats de l'essai pour accorder ou non une
autorisation de mise sur le marché. Et la décision finale sera alors
actée par la commission européenne. Il est probable qu'en cas de succès,
l'autorisation ne soit que temporaire, le temps d'évaluer sur le plus
long terme l'efficacité du vaccin et sa tolérance par les humains.
Une fois les dernières étapes passées, le laboratoire américain espère produire un stock considérable
de vaccins. Moderna a prévu de pouvoir produire 500 millions de doses
par an, et "possiblement jusqu'à 1 milliard", rappelle l'AFP.
Par lexpress.fr

