
Le plaisir féminin peut se heurter à une complexité et à une frustration grandissante. En effet, nombreuses sont celles qui ont du mal à avoir un orgasme, malgré toutes les tentatives entreprises par leur partenaire pour les satisfaire. À contrario, certaines femmes souffrent de ce que l’on appelle le syndrome d’excitation génitale persistante. Ces dernières sont sujettes à des sensations génitales et clitoridiennes incontrôlées qui peuvent être source d’anxiété. Dans un témoignage relayé par le Daily Mail, une femme originaire d’Arizona raconte son expérience douloureuse qui peut lui valoir plus de 180 orgasmes en seulement deux heures.
Le syndrome d’excitation génitale persistante, aussi appelé PGAD (persistent genital arousal disorder),
engendre des sensations d’excitation génitale involontaires, en
l’absence de source de désir. Ce symptôme peut durer pendant plusieurs
heures, voire plusieurs jours et provoquer un stress et une frustration
considérable. À 30 ans, Cara Anaya-Carlis a enduré ce syndrome encore
méconnu et raconte sa souffrance.
Des vagues intenses de plaisir
Trois
ans auparavant, la femme a été diagnostiquée d’un syndrome d’excitation
génitale persistante. Après avoir eu de nombreux orgasmes au
supermarché et à l’école de son fils sans aucune stimulation sexuelle,
Cara a dû se confiner chez elle. Elle ressentait des vagues intenses de
plaisir qui ont fini par altérer son quotidien.

Mère
d’un garçon de 10 ans, Cara évite de se rendre dans des espaces ouverts
et appréhende de travailler par peur que son employeur ne découvre ce
syndrome.

“C’est
embarrassant, déroutant et humiliant”, explique la femme. “Lorsque vous
êtes avec des enfants, vous vous sentez comme une perverse parce que
vous avez des sensations très fortes qui traversent votre corps en même
temps”, décrit Cara. Ainsi, elle évite d’accompagner son fils en classe
ou dans des voyages scolaires par peur d’être incomprise. Parfois,
lorsqu’elle sent l’excitation monter et qu’elle se trouve dehors, elle
s’empresse de rentrer dans sa voiture pour dissimuler sa condition.
“Cela a détruit mon implication dans la vie de mon fils parce que je me
sens trop sale pour en faire partie”, déplore la femme.
Une souffrance quotidienne
Cara
raconte qu’elle a développé ce syndrome du jour au lendemain, alors
qu’elle se promenait dans une épicerie trois ans auparavant.

En
traversant les rayons, elle a senti une montée d’excitation inopinée.
Prise de panique, la mère raconte avoir été “effrayée et confuse” et n’a
pas pu se retenir de jouir. “Ce fût l’un des orgasmes les plus intenses
que je n’aie jamais eu”, explique-t-elle en ajoutant que pour
la première fois, “c’était six heures d’excitation constante et
d’orgasmes avec seulement quelques secondes entre chacun”. Pour calmer
ses ardeurs, la femme a essayé de changer de régime alimentaire, de
faire de l’exercice physique,
de prendre des douches froides… mais en vain. Elle était soumise à cet
état d’ébullition indomptable. Il y’a des jours où elle décidait de
s’enfermer chez elle, de baisser les rideaux et de ne plus s’exposer au
monde par peur d’être sujette à cette condition en public. Mais
parfois, la jeune femme n’avait que 10 orgasmes par jour et se sentait
capable de reprendre sa vie en main.

Ce syndrome dont elle souffrait pouvait lui causer une déshydratation, des blessures aux genoux et aux chevilles ainsi qu’un épuisement physique et psychique, ont convenu les médecins. Mais pour Cara, le plus dur était de devoir abandonner l’idée d’avoir un travail, d’avoir des activités en extérieur et de prendre soin de son fils. En réalité, ce mal peu connu peut donner lieu à des jugements et des critiques. La femme sait que si elle travaille, elle ne pourra pas justifier ses absences en prétextant “je ne pourrai pas venir aujourd’hui parce que je souffre d’orgasmes”. En outre, sa vie sexuelle avec son mari pâtit de sa condition puisque la Cara est devenue presque insatiable. “Nous avons encore des relations sexuelles, mais ça peut devenir incroyablement frustrant pour nous deux parce que je suis toujours excitée”, déclare-t-elle.
Le syndrome d’excitation génitale persistante : un mal peu connu
Le manuel médical MSD décrit
le syndrome d’excitation génitale persistante comme un trouble se
traduisant par une excitation génitale excessive non désirée. Ainsi, les
personnes qui en souffrent subissent une concentration du flux sanguin
dans les organes génitaux et une lubrification vaginale importante. Même
si l’origine de ce syndrome reste incertaine, le stress et l’angoisse
pourraient favoriser la tension des muscles pelviens et expliquer la
récurrence de cet état. Lorsqu’une femme est saisie par cette excitation
pathologique, son clitoris et
ses parois vaginales se gorgent de sang et gonflent. Les sécrétions
vaginales augmentent également et des sensations involontaires peuvent
se manifester pendant quelques heures ou quelques jours. Souvent, cette
condition altère la vie des femmes et entraîne un sentiment de honte et
d’impuissance. Pour traiter le syndrome d’excitation génitale
persistante, les médecins peuvent proposer des exercices de relaxation
pour détendre les muscles pelviens ainsi qu’une thérapie cognitive basée
sur la pleine conscience. La reconnaissance de l’existence de ce
trouble et la certitude qu’il sera résolu, peuvent aider certaines
femmes.
Par santeplusmag.com

