"On nous a lancé, depuis le début de l'épidémie, beaucoup de pistes sur
des traitements curatifs,
préventifs, mais pour l'instant aucun n'a vu
le jour", fait valoir le docteur Benjamin Davido.
"Il faut rester extrêmement humbles et très prudents, et avancer pas à pas",
alerte lundi 31 août sur franceinfo le docteur Benjamin Davido,
infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine),
alors qu'une équipe de chercheurs français (CNRS) affirme avoir trouvé
une solution efficace pour lutter contre le Covid-19 - un spray nasal ou
encore des pastilles sous la langue.
"On est dans du traitement préventif, alors même qu'on ne sait pas bien quels individus cibler en traitement de prévention", fait-il valoir.
Faire un spray nasal si l'épidémie dure encore deux ans, ça va être extrêmement compliqué, pas réalisable pour tout le monde.à franceinfo
"On
nous a lancé, depuis le début de l'épidémie, beaucoup de pistes sur des
traitements curatifs, préventifs, mais pour l'instant aucun n'a vu le
jour, indique l'infectiologue. Aujourd'hui, la bonne nouvelle
pour les malades, c'est qu'on sait mieux soigner les gens car il n'y a
plus d'afflux massif de malades à l'hôpital, et qu'on a beaucoup appris
de la première vague", affirme Benjamin Davido.
Il estime que "ce serait bien si on arrivait à avoir un vaccin à l'été prochain, l'été 2021" mais selon lui la difficulté tient dans les différents paramètres à prendre en compte simultanément tels que "l'immunogénicité,
savoir si on aura des anticorps qui vont durer dans le temps. On a vu
que des individus jeunes n'avaient pas beaucoup d'immunité naturelle". Se pose ainsi la question des rappels et du calendrier vaccinal. "Il nous faut plus de temps pour avancer sur l'immunité", insiste Benjamin Davido.
Les "limites du dépistage"
Concernant les promesses de Donald Trump, entre autres, de trouver un vaccin d'ici à la fin de l'année, l'infectiologue francilien dénonce une volonté de "compresser cette épidémie sur un temps imparti à la science qui n'est pas possible". "Récemment,
on s'est félicités de l'éradication d'une deuxième maladie, la
diphtérie, après plusieurs décennies, malgré l'obtention d'un vaccin, indique Benjamin Davido. On
est, bien sûr, sur une autre échelle du temps avec le Covid, car on va
très très vite. Mais l'idée de penser qu'en quelques mois on pourrait
régler cette épidémie me paraît à côté des réalités médicales,
sanitaires."
Malgré la hausse du nombre de tests de dépistage en laboratoires, il déplore la baisse du "contact tracing". "Avant,
on testait en moyenne quatre individus pour un sujet malade,
aujourd'hui on est plutôt proches de deux. On arrive peut-être aux
limites du dépistage", conclut-il.
Par

