
La star du Barça veut faire jouer une clause de « motifs personnels »
pour se dégager du contrat qui le
lie au club jusqu'au 30 juin 2021. La
direction fait valoir de son côté que cette clause est arrivée à
échéance le 10 juin. Et compte bien obtenir la pénalité de 700 millions
d'euros prévue en cas de rupture unilatérale du contrat.
Lionel Messi peut-il quitter le Barça ? Et à
quel prix ? Devra-t-il payer la clause libératoire de 700 millions
d'euros inscrite dans son contrat ? La lettre recommandée envoyée lundi
soir par l'attaquant vedette à la direction du FC Barcelone, indiquant
qu'il abandonne le navire sans négociation préalable, a provoqué un
séisme sur les terrains de football… et pas seulement. La presse
espagnole prédit déjà l'arrivée prochaine de « la pulga » (son surnom, à
savoir « la puce ») à Manchester City
où l'attendrait l'ancien entraîneur du Barca, Pep Guardiola. L'Inter de
Milan et le PSG sont également cités comme seuls capable de s'offrir le
« meilleur joueur du monde », six fois ballon d'or.
En
attendant, la question est de savoir combien va coûter le divorce. Le
contrat de Leo Messi avait été renouvelé en 2017. Il lie l'Argentin au
FC Barcelone jusqu'au 30 juillet 2021. Mais, à l'époque, la Catalogne
était en pleine crise séparatiste, et le joueur avait fait introduire
une clause lui offrant, chaque année, une fenêtre de sortie en fin de
saison, « pour motifs personnels ». Elle devait lui permettre,
notamment, de décrocher au cas où les aléas politiques et une éventuelle
sécession catalane auraient fait sortir le club des compétitions
espagnoles et européennes.
Saison atypique
C'est
cette clause nº 24 que Messi demande à activer aujourd'hui, pour
résilier unilatéralement son contrat. Mais les dirigeants Blaugrana
n'ont pas la même lecture. Selon eux, cette clause annuelle est arrivée à
expiration le 10 juin dernier et le contrat doit donc continuer à
courir jusqu'au 30 juin 2021, comme prévu. A moins de poser sur la table
une pénalité de 700 millions d'euros. Les avocats de Lionel Messi
comptent faire valoir le caractère « atypique » de la saison,
interrompue par la Covid-19, pour libérer le joueur de son contrat sans
pénalité.
Selon eux, l'expiration de la
clause est moins liée à la date du 10 juin qu'à la fin de la saison. Or,
interrompue en mars par la pandémie puis reprise en juin, la saison
2019-2020 vient de s'achever avec la finale de la Ligue des champions le
23 août. Faute d'accord à l'amiable, le litige devrait être porté
devant un tribunal de Barcelone et le club espère percevoir une somme
record, supérieure aux 222 millions versés par le PSG pour faire venir Neymar en 2017.
Désaccords avec la direction du club
L'Argentin
n'avait pas caché ces derniers mois ses désaccords avec la direction du
club. Mais ce départ sur simple courrier a fait l'effet d'un coup de
poignard, alors que l'équipe est en pleine dégringolade sportive après
son élimination humiliante (8-2) en quart de finale de la Ligue des
champions face au Bayern. Pour beaucoup, Messi est plus qu'une star, il
est un enfant du Barca. Arrivé d'Argentine en jeune prodige à l'âge de
13 ans, en 2000, il a fait ses classes à la Masia, l'école de formation
du club. Les supporters, incrédules, préféreraient aujourd'hui voir
limoger la direction du club, plutôt que de laisser partir Messi.
Au Camp Nou, sur les hauteurs de la capitale catalane, on préfère temporiser. « Nous n'envisageons pas le départ de Leo, nous voulons qu'il reste », a affirmé mardi le secrétaire technique du club, Ramon Planes.
Par Cécile Thibaud
lesechos.fr

