En retard dans les sondages face à Joe Biden, Donald Trump aborde la
convention du parti
républicain qui s'ouvre lundi à Charlotte, en
Caroline du Nord, avec l'obligation de se relancer et de rassembler
au-delà de sa base.
Tout comme son pendant démocrate, qui s'est achevé jeudi sur le
discours d'investiture de Joe Biden, la convention républicaine va être
majoritairement virtuelle pour cause de coronavirus et très peu
d'intervenants s'exprimeront depuis Charlotte.
S'il sera bien à
Charlotte lundi, contrairement à Joe Biden qui ne s'est pas rendu à
Milwaukee, où se tenait la convention démocrate, Donald Trump n'aura pas
le droit à la grand-messe populaire sur laquelle il comptait beaucoup,
seule une poignée de délégués ayant fait le déplacement.
Il va se
rattraper en intervenant lors de chacune des quatre journées de la
convention, alors que les candidats ne s'expriment traditionnellement
qu'en clôture, à l'apogée de l'événement.
Le chef de l'Etat
prononcera son discours d'investiture jeudi depuis la Maison Blanche, ce
qui a fait grincer quelques dents, y compris côté républicain, certains
goûtant peu le mélange entre président et candidat.
Largement
devancé dans tous les sondages nationaux depuis des semaines, donné
battu dans de nombreux Etats-clés, le chef de l'Etat américain veut
reprendre de l'élan, comme il avait été capable de le faire
en 2016 après un été difficile.
Pour y parvenir, l'équipe de
campagne table sur une convention "très optimiste et gaie", a indiqué le
conseiller Jason Miller dimanche sur la chaîne NBC.
L'idée, selon
l'ancienne porte-parole de la Maison Blanche sous Donald Trump, Sarah
Sanders, est de trancher avec le ton supposé apocalyptique de la
convention démocrate, entièrement tourné vers la menace d'une réélection
de l'actuel président.
"Toute leur convention a été consacrée à
critiquer Donald Trump", a renchéri la bru du président, Lara Trump, sur
ABC samedi. "C'était une vision sombre, désastreuse et vraiment
déprimante de l'Amérique. Nous allons proposer l'opposé".
Défendre son bilan
L'objectif
est aussi de défendre le bilan du 45e président américain, actuellement
malmené pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et dont la carte
maîtresse, à savoir la santé de l'économie, n'est plus un atout.
Donald
Trump a entamé la contre-attaque dès dimanche avec l'annonce, lors d'un
point de presse, de l'autorisation d'un traitement au plasma contre le
coronavirus, dont l'efficacité n'a pas encore été formellement
démontrée.
"Vous allez entendre le président, et d'autres, parler
de tous ses succès des quatre dernières années" durant la convention, a
annoncé Sarah Sanders, évoquant notamment de "meilleurs accords
commerciaux, des salaires plus élevés et une fiscalité allégée".
Depuis
le Proche-Orient, où il effectue un déplacement, le secrétaire d'Etat
Mike Pompeo devrait évoquer les avancées diplomatiques du gouvernement
Trump, une intervention inhabituelle pour ce type d'événement.
"Nous
allons montrer l'impact sur les vrais gens qu'a eu le gouvernement
Trump-Pence", a expliqué Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald
Trump, sur Fox News. "Vous allez les entendre directement".
Est
notamment prévue l'intervention de Tanya Weinreis, gérante d'un café
dans le Montana, qui a bénéficié d'un prêt fédéral au printemps pour
faire face aux conséquences de la pandémie sur son activité.
La
convention s'est aussi assuré la présence de plusieurs orateurs
afro-américains, pour tenter de rallier une partie de l'électorat noir
qui lui est globalement hostile, parmi lesquels Tim Scott, seul sénateur
républicain noir.
Mais beaucoup s'attendent à ce que le président
américain revienne rapidement à sa rhétorique habituelle, qui polarise
plutôt qu'elle ne rassemble.
Lors des jours qui ont précédé
l'ouverture de la convention républicaine, Donald Trump a ainsi adopté
une tonalité très différente de celle que son parti et son équipe de
campagne voudraient imprimer à l'événement.
"Je suis la seule
chose qui sépare le rêve américain de l'anarchie totale, de la folie et
du chaos", a expliqué le président vendredi.
Il reprenait là son
angle d'attaque favori des dernières semaines et mettait en garde contre
une victoire de démocrates présentés comme laxistes sur les plans de
l'ordre public, de l'immigration et des finances publiques.
"Il
continue à creuser sa tombe", a estimé l'ancien directeur de campagne de
Barack Obama en 2008, David Plouffe, sur Fox News. "Et la question est
de savoir s'il sera capable de changer la semaine prochaine".
Si
Donald Trump reste sur sa ligne, prévient-il, "sa base va adorer, ils
vont s'enthousiasmer, mais le reste de l'Amérique va zapper".
Par AFP avec Lepoint

