Face à des chiffres de contamination au coronavirus en hausse
préoccupante, l'Espagne a décidé
mardi de faire appel à l'armée, le jour
où le laboratoire AstraZeneca annonce le lancement de tests sur un
médicament.
© Ernesto BENAVIDES
Des cercueils contenant les corps de deux victimes d'une bousculade mortelle à Lima sont transportés le 24 août 2020
"Le gouvernement espagnol va mettre à disposition des régions des
effectifs des forces armées pour réaliser le traçage" des cas, a indiqué
le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, précisant que deux
mille militaires seraient déployés à cet effet.
Le manque de moyens humains dans les régions espagnoles les plus
touchées est considéré comme l'une des raisons de la reprise de
l'épidémie.
L'évolution de la pandémie est "préoccupante", a insisté M. Sanchez
tout en soulignant que le pays était encore "loin de la situation de
mi-mars".
"Nous ne pouvons pas permettre que la pandémie
recommence à prendre le contrôle de notre vie (...) nous devons prendre
le contrôle, casser cette deuxième courbe" de contagions, a-t-il dit.
- Lueur d'espoir
Face
à la résurgence de la maladie dans le monde et au spectre d'une seconde
vague, une lueur d'espoir est toutefois venue de Londres, où le
laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, qui développe déjà un vaccin, a
annoncé avoir lancé des essais de phase 1 sur un médicament permettant
de prévenir et traiter le Covid-19.
Les premiers participants à
cet essai ont reçu leur dose de ce médicament qui est une combinaison de
deux anticorps, explique AstraZeneca.
La phase 1, à laquelle
participent 48 volontaires en bonne santé au Royaume-Uni et âgés de 18 à
55 ans, doit déterminer si le médicament (dont le nom de code est
AZD7442) est sûr et comment le corps humain réagit. L'essai est financé
par le gouvernement américain.
© Noemi GRAGERA
L'Espagne enregistre 400.000 cas diagnostiqués de Covid-19. Le
directeur du centre espagnol de coordination des alertes et des urgences
sanitaires, Fernando Simon, met en garde contre la situation à Madrid,
qui nécessitera des "mesures drastiques" si le nombre de nouveaux cas
continue d'augmenter.
Les résultats de la phase 1 sont attendus au second semestre et s'ils
sont concluants, AstraZeneca lancera des essais de phase 2 et 3 à plus
grande échelle pour évaluer l'efficacité du médicament.
Comme
chaque jour depuis des mois, le bilan mondial des victimes de la
pandémie établi par l'AFP à partir de sources officielles a augmenté
mardi, s'établissant à au moins 813.733 morts depuis fin décembre.
Plus de 23 millions de cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et
territoires. Les États-Unis sont le pays le plus touché avec
177.284 décès. Suivent le Brésil avec 115.309 morts, le Mexique
(60.800), l'Inde (58.390) et le Royaume-Uni (41.433).
Chaque jour
apporte son lot de nouvelles restrictions, les gouvernements voulant à
tout prix essayer d'endiguer les contaminations pour éviter un
reconfinement généralisé de leurs populations.
La Corée du Sud a
ainsi ordonné mardi aux établissements scolaires de Séoul et sa région
de renouer avec l'enseignement à distance jusqu'au 11 septembre.
L'Allemagne
a placé les régions françaises d'Ile-de-France, avec Paris, et
Provence-Alpes-Côte-d'Azur en zones à risque en raison du nombre élevé
de cas d'infections.
Le ministère des Affaires étrangères met en
garde contre "les voyages touristiques, non indispensables" à
destination de ces régions touristiques, ce qui signifie que les
voyageurs revenant en Allemagne devront se soumettre à un test de
dépistage et observer une quarantaine dans l'attente du résultat.
Dans
tous les pays, le virus continue de plomber les économies et de semer
le chaos dans d'innombrables événements et rendez-vous, qu'ils soient
sportifs, politiques, culturels ou religieux.
Plus de 90.000
emplois ont été supprimés ou risquent de l'être dans le seul secteur du
voyage britannique en raison de l'impact du virus, selon l'association
des agents de voyage Abta.
Quant à l'économie sud-africaine, elle
devrait mettre cinq ans pour se relever de la récession annoncée en
2020, a averti lundi l'ONU, qui redoute aussi une forte hausse de la
pauvreté et des inégalités.
Plus inattendu, la pandémie a
contribué à réduire le risque d'attentats dans les pays les plus
stables, selon un responsable de l'ONU. La menace s'est en revanche
accrue dans les zones de conflit comme l'Irak et la Syrie, victimes de
"regroupement et (d)’intensification des activités" du groupe Etat
islamique.
- "Hub" en Sardaigne -
Au Pérou, le seuil des 600.000
contaminations a été franchi lundi et 150 personnes y ont succombé au
cours des 24 dernières heures. De son côté le Brésil a comptabilisé
lundi 565 victimes de plus que la veille, soit plus de 115.300 décès à
ce stade.
En Italie, l'île de Sardaigne, destination très prisée
pour sa "Côte d'émeraude", s'est transformée cet été en une sorte de
"hub" de facto pour le virus.
Cela implique le risque que la
maladie se diffuse sur tout le territoire lorsque les plus de 250.000
vacanciers qui s'y trouvent encore rentreront chez eux dans les
prochains jours.
Par AFP

