
En 2019, le Togo s’est hissé au
rang de 3e fournisseur mondial du Cameroun, derrière la Chine
et la
France. Cette performance résulte de l’attractivité du port de Lomé,
devenu une plateforme prisée des investisseurs qui y font transiter
leurs marchandises à destination du Cameroun.
En 2019, le Cameroun a importé pour
3 856,9 milliards FCFA de marchandises, en provenance de 73 pays dans le
monde. Selon le rapport sur le commerce extérieur du pays cette
année-là, que vient de publier l’Institut national de la statistique
(INS), la Chine a été le premier fournisseur du Cameroun, avec 16,1% des
importations, suivie de la France, qui a livré au Cameroun 8,1% des
marchandises importées, informe Investir au Cameroun.
La grande surprise vient du Togo. Le pays
se hisse dans le trio des meilleurs fournisseurs du Cameroun en 2019. A
en croire le rapport de l’INS, ce pays d’Afrique de l’Ouest a livré 6,6%
des marchandises importées sur le territoire camerounais, au cours de
la période sous revue. Le Nigeria (6,3%) et la Belgique (5,7) complètent
le top 5.
Selon les rapporteurs de l’INS, la
position du Togo dans ce hit-parade des meilleurs fournisseurs du
Cameroun en 2019 est la résultante des transbordements effectués au port
de Lomé, en direction des ports de Kribi ou de Douala, au Cameroun. « En
effet, les caractéristiques du port de Lomé lui confèrent une certaine
attractivité, qui fait en sorte que des opérateurs économiques y ont
créé des plateformes destinées à accueillir des produits d’origines
diverses [qui sont ensuite, Ndlr] redistribués dans différents pays », fait remarquer l’INS.
A titre d’exemple, bien que n’étant pas
exportateur des carburants et autres lubrifiants, les statistiques
douanières indiquent que le Togo a fourni au Cameroun 500 000 tonnes de
ces produits en 2019. « Les carburants en provenance du Togo ne sont pas originaires de ce pays », souligne l’INS.
Par-dessus tout, le dynamisme des échanges
commerciaux entre le Togo et le Cameroun, à partir du port de Lomé,
remet sur le tapis le problème de la compétitivité des ports
camerounais. A l’observation, face aux tracasseries et autres lenteurs
administratives qui y ont pignon sur rue et des déficits
d’infrastructures (qualité des voies d’évacuation, espace de stockage…),
les opérateurs économiques se détournent de plus en plus des
plateformes camerounaises, pour des ports plus attractifs, comme celui
de Lomé.
Pour les mêmes causes, les ports soudanais
et béninois ont, quant à eux, déjà capté environ 50% du fret tchadien
et centrafricain qui transitait habituellement au port de Douala,
avait-on appris au cours du 2e Forum tripartite Tchad-RCA-Cameroun sur les questions portuaires, organisé en décembre 2017 à Ndjamena, la capitale tchadienne.
Brice R. Mbodiam
Par Agence Ecofin

