L’hypothèse
est évoquée depuis plusieurs mois, mais le troisième constructeur
automobile du pays, et
le seul à ne pas être engagé dans des
regroupements avec d’autres, rejette le projet, a révélé le « Financial
Times ».
Après Toyota, un nouveau champion
automobile japonais pourrait-il voir le jour ? Le gouvernement japonais
verrait d’un bon oeil un rapprochement entre Honda et Nissan. Révélée le
17 août par le Financial Times, ce mariage aurait été proposé fin 2019 aux deux constructeurs. L’idée découlerait des « instincts protectionnistes » de conseillers du premier ministre, Shinzo Abe.
L’administration
s’inquiétait notamment de l’avenir de l’alliance
Renault-Nissan-Mitsubishi, mais également du futur de la filière
automobile nippone dans un contexte de concurrence accrue pour la
transition vers les véhicules électriques autonomes.
Numéro un mondial des motos
Honda
est le troisième constructeur automobile du pays, avec des ventes
annuelles de 4,8 millions de véhicules, mais reste très petit au niveau
mondial. Surtout, il est le seul à ne pas être engagé dans des
regroupements avec d’autres constructeurs. Au Japon, quatre de ses
concurrents (Mazda, Subaru, Suzuki et Daihatsu) sont entrés dans
l’orbite de Toyota.
Selon le Financial Times, Honda
a rejeté cette idée, la structure capitalistique complexe entre Nissan
et Renault étant le principal frein. Nissan, dont le directeur général
Ashwani Gupta a passé dix ans chez Honda, s’y est également opposé. Le
constructeur se concentre sur le redressement de l’alliance. Selon le
quotidien des affaires, les deux groupes restent trop dissemblables :
Honda fabrique également des motos et des avions.
L’hypothèse
Nissan-Honda est évoquée depuis l’arrestation, en novembre 2018, de
l’ancien dirigeant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos
Ghosn. En août 2019, l’hebdomadaire Bungei Shunju en parlait en
raison des faiblesses de Nissan sur le marché nippon et des difficultés
de Honda, confronté à des coûts trop élevés.
Relation « fracturée »
En janvier, Mio Kato, analyste chez LightStream Research, estimait que la relation « fracturée » entre
Nissan et Renault pourrait encourager le groupe nippon à rechercher un
nouveau partenaire lui permettant de rivaliser avec Toyota. « Une
fusion entre Honda et Nissan semble impensable, mais avec la
compétitivité croissante de Toyota, nous pensons que si Nissan
souhaitait un partenaire pour remplacer Renault, Honda ne serait
peut-être pas entièrement contre l’idée. »
Honda approfondit depuis 2017 son partenariat avec Hitachi pour se renforcer dans les nouvelles technologies
La
crise provoquée par la pandémie de Covid-19 a relancé l’idée. Selon un
connaisseur du dossier, le gouvernement nippon jugerait cette option
aussi intéressante pour les fournisseurs des deux groupes, eux-mêmes en
difficulté. En octobre 2019, Honda a annoncé la fusion de ses trois
principales filiales, Keihin, Showa et Nissin Kogyo, avec Hitachi
Automotive Systems, spécialiste de l’électronique embarquée et filiale à
100 % du géant industriel Hitachi. Elle doit permettre de réduire les
coûts et améliorer les résultats.
Par
ailleurs, selon une source du secteur, il n’est pas exclu que la banque
Mitsubishi UFG participe à ces discussions. L’établissement est le
premier partenaire bancaire de Honda mais coopère également avec Nissan
et Mitsubishi.

