
Chaque jour, des milliers de femmes sont victimes de violences à travers le monde. Et l’un des crimes les plus horrifiants auquel elles peuvent être confrontées est le viol. Cet acte peut avoir des séquelles physiques et psychologiques dévastatrices pour les victimes, voire entraîner leur mort. Le Washington Post lève le voile sur ce fléau avec l’histoire d’un homme qui tue sa petite-amie après l’avoir violée.
Ibrahim E. Bouaichi est un homme de 33 ans qui a été accusé d’avoir
violé Karla Dominguez, une femme de 31 ans. Supposément, les deux
auraient été en couple. Ibrahim est d’abord arrêté, puis relâché. S’en
suit alors un déferlement d’événements tragiques.
Il est accusé de viol
Tout
commence suite à une altercation entre Karla et Ibrahim. La femme
raconte à la police que ce dernier s’est introduit dans son appartement.
Après leur dispute, celui-ci l’aurait violée sans aucun scrupule. La justice ne tarde pas à prendre effet puisque l’homme de 33 ans est arrêté quelques jours plus tard.
Ibrahim est emprisonné une première fois sans possibilité d’être libéré sous caution jusqu’au procès. C’est en tout cas ce qui a été décidé lors d’une première audition juste après son arrestation, rapporte le Washington Post.
Le suspect clame toutefois son innocence. En effet et selon ses dires,
il était en couple avec Karla. Une affirmation qui selon lui,
rejetterait “l’accusation de viol”.

Il est libéré sous caution à cause du coronavirus
L’histoire prend une tournure étonnante. En effet, alors que les Etats-Unis subissent de plein fouet la pandémie de coronavirus, les avocats de l’accusé tentent d’accélérer les choses en stipulant que les prisons sont potentiellement susceptibles de provoquer des infections. Une caution de 25 000 dollars, soit 21 300 euros est fixée. Une somme que le suspect n’hésite pas à payer pour sa libération.
Personne ne surveille ses déplacements
Si
Ibrahim se retrouve hors de prison, il n’est toutefois pas totalement
libre de ses mouvements puisqu’il n’a le droit de quitter son
appartement que pour consulter ses avocats, en théorie en tout cas.
La réalité est malheureusement tout autre puisque aucun appareil
électronique n’a été utilisé pour surveiller les allées et venues du
suspect. En mai dernier, il a même été arrêté pour avoir
conduit en état d’ébriété et causé un accident. Il est gardé alors une
nuit en cellule puis libéré une deuxième fois sous caution.
Normalement,
cela aurait dû causer l’annulation de la première libération sous
caution qui a été ordonnée. Toutefois, le procureur de la ville où le
procès est tenu n’a tout simplement pas été informé de cette
arrestation.
Karla est retrouvée morte devant chez elle
C’est le 29 Juin que la police retrouve le corps de Karla Dominguez. La jeune femme de 31 ans a été abattue d’une balle à la tête.
Deux jours plus tard, la police lance un mandat d’arrêt contre Ibrahim
Bouaichi. L’homme qui ne devait quitter son appartement que pour des
raisons judiciaires est introuvable. Il faudra quelques jours avant que
des policiers ne retrouvent sa voiture. Ibrahim se tire une balle avant
que la police ne puisse l’arrêter. Il meurt de ses blessures quelques
jours plus tard.

Le viol, un crime difficile à prouver
En 2017, près de 76 % des des enquêtes pour viol ont été classées sans suite en France. Cette information qui a été relayée par le Parisien peut paraître et ahurissante mais reflète une réalité complexe. Si le mouvement MeToo qui émergé après l’accusation pour viol de Harvey Weinstein
a incité des milliers de femmes à sortir du silence pour montrer du
doigt leur agresseur, cela ne règle pas le problème suivant : L’acte de viol est très difficile à prouver.
Toute
personne est présumée innocente et une personne ne peut être déclarée
coupable si une enquête n’apporte pas des preuves suffisantes. Ceci
explique le taux élevé d’enquêtes classées sans suite. Un véritable
fléau qui accentue le mal-être des victimes suite à ces actes violents.
En effet et au-delà de ses répercussions physiques, le viol peut
entraîner des conséquences psychologiques dévastatrices sur les
personnes qui le subissent.
Parmi elles, SOS Femmes rapporte une baisse de l’estime de soi, des difficultés relationnelles, des grossesses angoissées, des troubles psychiques
tels que la dépression, les psychoses ou encore un sentiment de
culpabilité. Dans les cas les plus extrêmes, les victimes peuvent
également ressentir des envies suicidaires, voire passer à l’acte.

