
Ce vendredi 28 août se tient le deuxième sommet des chefs d’État de la
Cedeao depuis le coup d’État
au Mali. La semaine dernière, la réaction
avait été immédiate et ferme. La Cédéao avait exigé le retour d’IBK au
pouvoir, décidé la fermeture des frontières et l’application de
sanctions économiques. Mais depuis, les choses ont bougé. La junte a
accepté de libérer le président déchu IBK. Les négociations entre les
militaires et la Cédéao pour mettre en place le gouvernement intérimaire
ont commencé. L’organisation panafricaine est prête à consentir à une
transition d’un an maximum.
La Cédéao « trouverait acceptable » l’idée d’un « gouvernement par interim dirigé par un civil ou un militaire à la retraite » pour une période de transition de « six, neuf, ou douze mois »
au Mali, avant l’organisation d’élections dans le pays, indique le
communiqué de la présidence nigériane. Un délai d’un an maximum, alors
que les militaires souhaiteraient, eux, « rester au pouvoir » pendant « trois ans » avant la tenue d’un scrutin, rapporte notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian.
Si
la durée de la transition sera l’un des enjeux de la réunion virtuelle
des chefs d’État de la Cédéao, le nom de celui qui dirigera le futur
gouvernement intérimaire sera aussi certainement débattu ce vendredi.
Car la page IBK est belle est bien tournée. Il ne sera pas rétabli au
pouvoir comme l’avait exigé la Cédéao la semaine dernière. Une note
diplomatique de la France, révélée par Jeune Afrique, jugeait dès le 19 août, « irréaliste », le retour du président déchu aux affaires.
Cette idée était surtout défendue par le Guinéen Alpha Condé et l’Ivoirien Alassane Outarra « car ils pensaient à leur propre situation », analyse un observateur interrogé par notre correspondante à Bamako, Coralie Pierret. « Mais
aujourd’hui les lignes ont bougé, poursuit-il. La junte consultent tous
les acteurs et aucune manifestation d’ampleur n’a réclamé le retour de
l’ancien président », conclut l’analyste.
Alors les
militaires auront-ils rassurés suffisamment pour que l’embargo soit levé
? Les sanctions économiques, véritable message de fermeté envoyé la
semaine dernière par les chefs d’État au CNSP seront au centre des
discussions. Leur maintien ou leur assouplissement sera débattue par les
participants de la visioconférence de la Cédéao. Cette décision « est entre les mains des chefs d’État de la Cédéao », a rappelé Goodluck Jonathan, le médiateur de la Cédéao.
Dans le même communiqué, Goodluck Jonathan indique que sa délégation a pu rencontrer l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Celui-ci a été libéré ce jeudi par les putschistes.
Le colonel Malick Diaw, numéro 2 du CNSP, s’est rendu jeudi en amont de
cette réunion à Ouagadougou et à Niamey pour des rencontres de haut
niveau.
On ne peut pas laisser tout à la portée des militaires. C’est vrai
qu’ils ont répondu à l’appel du peuple, mais la Cédéao doit intervenir
pour que les civils reviennent.
Par RFI

