Investir au Cameroun dans l’Agriculture

Vous souhaitez investir dans l’Agriculture au Cameroun. Nous avons mené une étude qui nous a permis d’identifier trois projets porteurs dans le domaine de l’agriculture:
1-La culture de la banane plantain
2- La culture de l’hévéa
3- La culture du Cacao
 NEPAD's Richard Mkandawire
Le marché de la banane Plantain
Le plantain contribue pour 4,5% au PIB agricole du Cameroun. Malgré son rôle important dans la sécurité alimentaire,  sa  culture  reste essentiellement  extensive.  Les initiatives de transformation butent sur  l’insuffisance  de  l’offre  et  la cherté du produit sur le marché. Le manque  de  matériel  végétal  de qualité en est l’une des principales causes.  Pourtant,  il  existe  une technique de production accélérée de rejetons  de  plantain  sains. Développée par le Centre africain de recherche sur bananiers et plantains (CARBAP)
,  la  technique  PIF  est simple et à la portée de tous.
Parmi  les  principales  cultures vivrières    qui  contribuent  à  la sécurité  alimentaire  au
Cameroun,  la  banane  plantain occupe  une  place  de  choix.  Elle participe à hauteur de 16 % dans la formation du revenu des producteurs et  contribue  pour  4,5  %  au  PIB agricole du pays. La  production  camerounaise  est essentiellement issue d’exploitations familiales  extensives.  Elle  se caractérise par le manque de matériel végétal de bonne qualité, une faible utilisation d’intrants et l’absence de mesures permettant de contrôler les maladies et autres parasites. En outre, les exploitants agricoles et les autres acteurs associés à la production de plantain au Cameroun s’activent en rangs dispersés au sein d’une filière peu organisée.
Le plantain est produit dans les 8 régions de la zone tropicale humide du Cameroun. Des études réalisées par le Centre africain de recherche sur bananiers et plantains (CARBAP) sur la filière plantain dans le pays ont révélé des performances caractérisées par une productivité limitée et une faible compétitivité.  Cette  filière  mobilise quelques 650000 producteurs dont plus de 92% sont de petits exploitants agricoles.    60  à  70%  de  ces exploitants  possèdent,  selon  les régions, moins de 2 ha de surface exploitable (Kwa et al, 2009; Ngo Nonga et al., 2008). En dehors des producteurs, plus de 50 000 autres opérateurs  sont  impliqués  dans  la chaîne des valeurs, notamment les pépiniéristes,  les  commerçants,  les transporteurs, les transformateurs.
Au plan mondial, la production de plantain approche les 20 millions de tonnes dont plus de 45% sont produits en Afrique Occidentale et Centrale (Lescot, 2000). Le Cameroun occupe le 8ème rang  mondial et le premier en Afrique Centrale (FAO, 2010).
La  production  de  plantain  du Cameroun en 1999 était estimée à 1 156 858 tonnes. Au cours des années 2000,  l’accroissement  de  la production a varié de 3% à 8% par an et en 2006  cette production a atteint près  de  2,18  millions  de  tonnes (AGRISTAT, 2006; FAO, 2010). Les rendements  annuels  obtenus demeurent  néanmoins  très  faibles (entre 5 et 8 tonnes/ha) alors que dans des conditions d’intensification raisonnable  et  respectueuses  de l’environnement des chiffres 3 à 5 fois plus élevés pourraient assez facilement être obtenus. La production est encore bien  en  deçà  du  potentiel  de production qui se situerait dans les conditions actuelles autour de 3 à 4 millions de tonnes/an. Par ailleurs, si la demande potentielle de plantain est de plus de 3 millions de tonnes au Cameroun, elle peut être estimée à près de 6 millions de tonnes pour la zone Afrique Centrale.
Cette spéculation occupe une place primordiale  dans  l’alimentation  de plusieurs pays d’Afrique Centrale qui enregistrent le taux le plus élevé de consommation  annuelle par  tête d’habitant: 159 kg au Gabon et 126 kg au Cameroun. La place du plantain apparaît donc cruciale par rapport aux enjeux de sécurité alimentaire (Temple et al., 1996).
L’appel  du  marché  est  donc important. Au Cameroun, les prix sur les marchés de consommation sont assez  élevés : 80 FCFA  à  300FCFA/kg en fonction des saisons (Bikoï et Yomi, 1998). Il  faut  débourser en moyenne 2000 FCFA pour un régime de plantain en ville.
Compte  tenu  de  la  demande croissante et des prix de vente élevés rencontrés sur les marchés intérieurs et régionaux,  un  certain  nombre d’acteurs s’investissent dans la culture et le commerce du plantain.

Le marché de l'hévéa
Environ 1200 recensés avec les deux tiers regroupés au sein d'une union nationale ayant son siège dans la capitale Yaoundé, les petits planteurs villageois qui pour l'heure représentent 5% de la production nationale d'hévéa au Cameroun évaluée à 60.000 tonnes par an et dominée par trois agro- industries, sont à l'attaque pour acquérir une plus grande place.
« Pendant longtemps, on n'a vu l'hévéa que sous l'angle des plantations industrielles au Cameroun. Après une mission du ministère de l'Agriculture et du Développement rural en Côte d' Ivoire entre 2007 et 2008, la volonté a été exprimée de promouvoir l'hévéaculture villageoise. C'est ainsi que nous avons créé en 2009 l'Union nationale des planteurs d'hévéa (UNPH), a déclaré à Xinhua le secrétaire général de cette organisation, Emmanuel Ndo Mvondo.
Pour la plupart, les petites exploitations villageoises se dressent aux alentours des plantations industrielles, soit au Sud- ouest autour de la CDC (Cameroon Development Corporation, étatique), au Sud à Nyete autour d'HEVECAM (ancienne société étatique privatisée et désormais aux mains d'une multinationale chinoise), dans le Littoral à Dizangué, près de Douala, la métropole économique camerounaise, autour de SAFACAM (filiale du groupe Bolloré).
Globalement estimées à 3.500 hectares, les superficies individuelles varient entre deux et quatre hectares, pour un rendement de 300 à 400 kilos par hectare et par mois, rapporte M. Ndo Mvondo. « On a beaucoup de pertes de statistiques, car, une très grande partie de la production est achetée par des commerçants nigérians installés dans les bassins de production, surtout au Sud, et expédiée dans leur pays », révèle-t-il.
Les chiffres disponibles à l'UNPH sont celles recueillies plutôt auprès des trois usiniers que sont la CDC, HEVECAM et SAFACAM, par rapport aux quantités achetées directement chez les planteurs pour la première transformation locale en caoutchouc brut. « HEVECAM passe une à deux fois par mois, alors que les Nigérians, eux, sont là tous les jours pour acheter le produit », explique le secrétaire général de l'UNPH.
L'organisation, affirme M. Ndo Mvondo, réfléchit sur de nouvelles méthodes de commercialisation, qui lui permettraient d'avoir des données réelles. Le processus, prévoit deux sessions mensuelles de vente du produit à HEVECAM, entend être lancé en à Nyete. « Au Sud-ouest, on va aussi essayer de le faire, pour que ce soit un usinier camerounais qui achète. En Côte d'Ivoire (d'avant-crise), on n'exporte pas l'hévéa brut», fait savoir le secrétaire général.
A 800 francs (1,8 USD) le prix d'achat actuel au kilo, le marché des petits planteurs ont de quoi avoir le sourire et au regard de la demande internationale croissante, les perspectives restent rassurantes. « Les plantations d'Asie du Sud-est ont vieilli. L'Amérique latine, à cause d'une maladie chronique, est totalement en quarantaine pour tout ce qui est produit d'hévéa », observe a un optimisme non dissimulé Emmanuel Ndo Mvondo.
Comme quoi, l'avenir de l'hévéa, c'est en Afrique et plus spécifiquement au Cameroun. « C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons saisi le gouvernement pour qu'on lance un programme PPTE (issu des fonds relatifs à l'initiative de la Banque mondiale en faveur des pays pauvres très endettés auxquels le Cameroun appartient, ndlr) sur l'hévéa », informe le secrétaire général de l'UNPH.
Dans cette optique, un projet est en cours de finalisation avec le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, portant sur un programme d'appui au développement des plantations villageoises d'hévéa, d'un montant de 10 milliards de francs CFA ( 20 millions USD) sollicité par l'UNPH.
Déjà en 2010, 42 millions de francs CFA (84.000 USD) ont été alloués et ont permis de fournir « près de 60.000 plants aux planteurs villageois et de former 40 greffeurs ». « Cette année, nous avons reçu 100 millions de francs (200.000 USD) et nous avons consacré 60 millions (120.000USD) à la mise sur pied de jardins à bois et de pépinières. Ce qui nous permettrait de pouvoir livrer à partir de 2013 environ 2,5 millions de plants aux petits planteurs », indique M. Ndo Mvondo.
Pour la certification de ces plants et aussi les formations, l'Union nationale des planteurs d'hévéa a conclu en 2010 une convention de partenariat avec l'Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) du ministère de la Recherche scientifique et de l'Innovation. Pour cette année, elle a prévu le lancement d'un programme de 10 hectares de jardins à bois, dont 10. 000 pieds par hectares, au Sud et au Sud-ouest. Suivront en 2012 le Centre et l'Est.
« Nous nous sommes attelés à la résolution d'un problème qui est général à l'agriculture camerounaise. A savoir, la fourniture d'un matériel végétal de qualité aux petits planteurs. Dans le cas de l'hévéa, il s'agit principalement d'avoir deux choses : un jardin à bois associé à une pépinière », soutient le secrétaire général de l'UNPH.
A terme, l'UNPH, dont les dirigeants ont été impressionnés lors d'une visite en avril-mai 2010 au Nord de Thaïlande, premier producteur mondial, par l'expérience de ce pays d'Asie où 95% de la production nationale d'hévéa provient des petits planteurs, avec des rendements d'une tonne à l'hectare, puis celle de la Malaisie, envisage de créer 150.000 hectares de nouvelles petites plantations d'hévéa au Cameroun dans les 15 prochaines années.
« La production va augmenter. Nous aurons besoin de partenariats pour la mise en place de mécanismes de transformation », prévoit Emmanuel Ndo Mvondo qui fait en outre part de deux programmes dits l'un de « préparation retraite pour les cadres » et l'autre « jeunes ruraux », destinés à « donner une autre image de l'hévéa dans les villages, afin de susciter l'intérêt des jeunes ». « Nous voulons atteindre 10 à 20.000 hectares pour le programme des cadres », dit-il.
En vue de la recherche des financements de ces projets, des négociations sont en cours avec l'Agence française de développement (AFD) qui, avec l'organisme allemand Kfw, a déjà permis aux responsables de l'UNPH de participer à Accra au Ghana en novembre 2010 à une conférence internationale sur l'hévéa, spécifiquement axée sur l'hévéaculture villageoise.
54.000 hectares de terres des forêts pour l'hévéaculture au Cameroun. Résultat d'une convention de partenariat conclu en mars entre les deux organisations, cette initiative s'intègre à un programme dénommé "hévéa : pôle et moteur du développement des zones rurales " qui vise la création dans chaque commune du Sud membre de la plateforme d'au moins 50 hectares de plantation communale d'hévéa, d'un minimum de 1.000 hectares de plantations villageoises de cette culture et de 250 hectares de cultures vivrières associées. C'est le point de départ d'une opération qui promet de s' étendre dans l'ensemble des cinq bassins de culture de l'hévéa au Cameroun que sont, en dehors du Sud, les régions du Centre, de l' Est, du Littoral et du Sud-Ouest, a expliqué à Xinhua le secrétaire général de l'Union nationale des planteurs d'hévéa du Cameroun, Emmanuel Ndo Mvondo. Créée en 2009, cette organisation regroupe l'essentiel des 1. 200 producteurs villageois recensés au Cameroun, lesquels représentent 5% de la production nationale d'hévéa estimée à 60. 000 tonnes par an. Pour un total de 3.500 hectares, les superficies individuelles de ces planteurs varient entre deux et quatre hectares, avec un rendement de 300 à 400 kilos par hectare et par mois, selon les statistiques.(source UNPH)
Trois agro-industries dominent la filière : Cameroon Developement Corporation (CDC, entreprise étatique basée au Sud- Ouest), HEVECAM (ex-société d'Etat privatisée et aujourd'hui aux mains d'une multinationale chinoise) au Sud et SAFACAM (filiale du groupe Bolloré) dans le Littoral. Ces usines aux alentours desquels se dressent généralement les petites exploitations villageoises se limitent à la première transformation de la matière première produite. En particulier, HEVECAM dispose d'une concession de 40.000 hectares de terres, mais seuls 22.000 sont exploités, le reste du couvert s'avérant difficilement exploitable à cause des rivières et des marécages, de l'avis de Ndo Mvondo. L'UNPH encourage pour sa part la création de nouvelles plantations villageoises pour améliorer la productivité de la culture et pour son opération de mise en valeur des superficies issues des forêts communales, elle sollicite un partenaire, notamment un usinier à qui l'opportunité d'élargir son circuit d'approvisionnement en latex, avec une priorité sur une véritable transformation locale.
Le marché du Cacao
Le Cameroun est en quête d'un nouveau souffle pour sa filière cacao. Stratégique pour l'économie du pays, l'activité représente 30 % des exportations non pétrolières et fait vivre plus de 2 millions de planteurs. Gérée à vau-l'eau pendant des décennies, la filière reprend peu à peu des couleurs après la décision des autorités d'y investir 11 millions de dollars (8,4 millions d'euros) entre 2010 et 2015. Déjà, le chiffre d'affaires a grimpé à 280 milliards de F CFA (427 millions d'euros) en 2011, contre 249 milliards en 2010.
            La hausse du cours du cacao ces dernières années a aussi contribué à dynamiser la filière. Le prix moyen d'achat du kilo de cacao au planteur est ainsi passé de 400 F CFA en 2004 à plus de 1 200 F CFA en 2011. Et certaines organisations paysannes sont même parvenues à vendre leur production à plus de 1 500 F CFA le kilo. De quoi faire oublier les années sombres.
Environ 16 % du cacao produits au Cameroun sont transformés localement. Le gouvernement souhaite porter ces pourcentages à 50 %. Un travail de communication et d'éducation pourrait susciter une hausse de la consommation du cacao dans les habitudes alimentaires des Camerounais... et attirer les investisseurs.
Augmenter la consommation locale, et, partant, la transformation sur place, favoriserait la création de nouvelles PME, pourvoyeuses d'emploi. Il faudrait pour cela convaincre les grands exportateurs, notamment les grandes multinationales du cacao (ADM, Cargill, Bary Callebaut...), d'investir dans la transformation au Cameroun.
          (Agence Ecofin) - Un peu plus de deux mois après l’ouverture de la campagne cacaoyère 2014-2015 le 1er août dernier, la filière camerounaise enregistre son premier record. En effet, selon Commodafrica, les prix bord champs dans les bassins de production se situent actuellement à un niveau jamais atteint auparavant à 1330 francs Cfa le kilo, contre 1265 francs Cfa au mois de septembre 2014. Mieux, le kilogramme de cacao bord champs est actuellement vendu «30% plus cher» qu’il y a un an, précise la même source.
Cette embellie sur les prix, apprend-on, est la conséquence de l’amélioration de la qualité du produit, mais surtout d’une meilleure organisation des associations paysannes, qui optent de plus en plus pour les ventes groupées, mécanisme permettant de mutualiser les efforts et de booster la capacité de négociation des producteurs devant les acheteurs.
Il s’agit là des premières retombées des rencontres organisées en fin de campagne dernière par l’Interprofession qui, dans son périple dans les bassins de production du pays, a non seulement incité les producteurs à fusionner la multitude de GIC existants en coopératives uniques, parfois à l’échelle régionale ; mais aussi a formé les producteurs aux techniques de ventes groupées dans des marchés périodiques mieux organisés.
Cette hausse des prix est aussi à mettre à l’actif de l’éradication progressive des acheteurs illégaux, généralement enclins à spolier les producteurs. Contre ces derniers, en effet, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), prévoit des sanctions de plus en plus sévères, et a annoncé, pour la campagne en cours, la délivrance de cartes professionnelles magnétiques infalsifiables aux exportateurs et leurs intermédiaires, ce qui éloigne désormais des acheteurs illégaux des marchés périodiques.
Une bonne nouvelle pour les producteurs camerounais de cacao.Neuf variétés de cacao améliorées par la recherche sont en cours de vulgarisation au Cameroun. Testées par l’Institut de recherche agricole pour le Développement (Irad), elles permettront d’accroître le rendement des cacaoyères. Les producteurs pourront obtenir jusqu’à 2000 kg de cacao à partir de la cinquième année après les semis, contre un rendement moyen de 500 kg à l’hectare pour les variétés de cacao ordinaires. Les chercheurs espèrent que ces innovations permettront de régénérer les plantations camerounaises de cacao. Les cacaoyères  locales sont constituées à 80% d’arbres qui sont peu productifs, à cause d’une moyenne d’âge très élevée (50 ans). Les variétés améliorées par la recherche commencent à produire 2 ans après les semis, contre 5 ans pour les variétés ordinaires. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour le gouvernement du Cameroun. Cinquième producteur mondial  après la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et l’Indonésie, le pays vise une production de  600 000  tonnes de cacao marchand de qualité à l’horizon 2020. Les producteurs peuvent se procurer ce matériel végétal pour la régénération et l’extension des cacaoyères dans 193 pépinières qui ont été mises en place dans plusieurs sites, à savoir : les villages Bakoa et Kedia à Bokito, Ezezang et Lékié-Assé dans le département de la Lékié, les villages Ngat et Edou (Awae) dans la région de l’Est et Djoum au Sud du Cameroun. Pour obtenir de bons résultats, les producteurs sont invités à observer une bonne conduite des parcelles, notamment l’élimination des branches non productives, la gestion de l’ombrage, le débarras des hémiparasites et des auxiliaires (adventices) au sol. Le traitement phytosanitaire doit s’effectuer selon les doses recommandées.
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