L’entrepreneure camerounaise vivant aux
Etats-Unis Rebecca Enonchong plaide pour un changement d’habitudes qui
ont pris corps dans son pays.

Investir au Cameroun est une gageure,
répète-t-on en cœur dans le milieu des affaires. Pour cause, le secteur
de l’entreprenariat est miné par la corruption et d’autres gangrènes.
Lesquels le dévorent lentement et avec
appétit. D’où le triste niveau de vie des Camerounais et les difficultés qu’ils encourent à créer un tissu économique cohérent et efficace. Une situation qui a développé la culture de la médiocrité par excellence dans le pays. Quand on interroge les Camerounais sur comment ils font pour vivre, la réponse est sans ambages : « Le Cameroun c’est le Cameroun, on fait avec ».
appétit. D’où le triste niveau de vie des Camerounais et les difficultés qu’ils encourent à créer un tissu économique cohérent et efficace. Une situation qui a développé la culture de la médiocrité par excellence dans le pays. Quand on interroge les Camerounais sur comment ils font pour vivre, la réponse est sans ambages : « Le Cameroun c’est le Cameroun, on fait avec ».
Pour Rebecca Enonchong, entrepreneure
camerounaise vivant aux Etats-Unis, l’heure est venue de mettre un terme
à cette situation. Au cours de sa présentation au Gicam au 9Ideas
Conference ce 30 mars 2013 à Douala qui s’articulait sur le thème, « The end of normal : breaking the mold to succeed in entrepreneurship », elle estime qu’il faut faire une révolution individuelle et interne pour contribuer au développement du Cameroun. «
Ici les gens se plaignent par exemple des coupures d’eau et
d’électricité, mais jamais du prix élevé. J’ai comparé ma facture
d’électricité des Etats-Unis et celle du Cameroun. On paye dix fois plus
cher le kilowatt ici qu’aux Etats-Unis où il y a des riches. C’est une
aberration. Il faut être exigeant », martèle-t-elle. Et d’ajouter : «
Il faut des gens pour s’y mettre. Cela nécessite beaucoup de
sacrifices. Ce qui n’est pas très évident pour un entrepreneur comme moi
qui doit payer des salaires ».
Partageant cette idée, Jean Brice, un
participant, propose la création d’une communauté Tic qui peut poser les
bases d’une éthique pour changer les choses sur le terrain. Mathurin de
Freepay va plus loin : « On parle des changements individuels mais
pas des changements collectifs au Cameroun. Aux Etats-Unis par exemple,
les révolutions sont passées par les groupes de pressions. Au sortie de
cette conférence, il faut créer des réseaux sur internet, passer des
communications selon les cibles bien choisies, pour impacter notre
société. Il faut passer à la phase des actes sinon, dans dix ans, on
reviendra sur la même chose ». Les discussions se poursuivent pour transformer les idées en acte.

