
L’appel à la journée ville morte de la coalition « Ça suffit » a été
largement suivi dans différentes villes du pays, mercredi. Les
associations entendaient empêcher le président Idriss Déby de briguer un
cinquième
mandat lors de la présidentielle du 10 avril prochain. A
Ndjamena, les commerces et marchés ont été paralysés. L’administration a
ouvert, mais a tourné au ralenti.
Ndjamena, la capitale tchadienne, avait des allures de jours fériés
mercredi matin. Les marchés, échoppes, écoles étaient fermés. Il n’y
avait pas beaucoup de transports, les rues étaient plutôt désertes.
Les Ndjaménois qui aspirent au départ d’Idriss Déby Itno sont restés chez eux : « Trop c’est trop, on n’en veut plus ! S’exclame ce Tchadien. Ce
régime ne rend pas service. Si les Tchadiens avaient été comme d’autres
peuples qui traversent pour aller en Occident, en Europe pour un avenir
meilleur, on l’aurait fait. On en a marre de ce régime, nous sommes
fatigués. Aujourd’hui, on ne veut pas aller aux élections comme les
partis politiques nous le disent, on ne veut pas des élections. On veut
un départ, on organise des élections après. Nous voulons des vrais
élections sans Déby. »
Ceux qui ne sont pas du même avis se sont rendus au travail, même s’ils n’étaient pas nombreux. « Moi,
je me lève le matin, chaque jour je vais chercher mon pain, le pain de
mes enfants. Donc pourquoi je suivrais le mot d’ordre de la ville morte ?
Cela ne me concerne pas du tout, estime ce Ndjaménois. Si l’autorité vous interdit quelque chose, pourquoi insister ? Moi je dis, ce n’est pas mon problème. On n’a vraiment pas les mêmes problèmes. »
Une chose est sûre, la société civile vient de montrer qu’elle peut
mobiliser contrairement à l’opposition qui n’a pas réussi à faire sortir
la foule pour sa marche pacifique de mardi, interdite par les
autorités.

