Dans le cadre du "pèlerinage national" en Côte d'Ivoire, les évêques ont
plaidé dimanche à Yamoussoukro en faveur de la libération des
prisonniers politiques détenus lors de la crise postélectorale de
2010-2011.
En Côte d’Ivoire, « la réconciliation
naturellement exige la libération des prisonniers dans le cadre du
conflit advenu dans le pays, surtout que de ce point de vue, personne ne
peut se dire innocent », a déclaré, le 22 mai, au nom des évêques
ivoiriens Mgr Ignace Bessi Dogbo, l’évêque de Katiola, dans le nord du
pays.
« Pour se réconcilier, il faut être libre. Pour être libre, il faut
avoir la faculté d’aller et de venir sans être inquiété », a-t-il
ajouté.
Pèlerinage national
Cet appel à la réconciliation a été lancé lors du « pèlerinage
national » initié dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, une année
sainte ouverte le 8 décembre par le pape François, qui a regroupé des
dizaines de milliers de chrétiens à la basilique Notre-Dame de la Paix
de Yamoussoukro.
Dans la situation actuelle de la Côte d’Ivoire, le pèlerinage à la
basilique de Yamoussoukro « revêt un caractère particulier, en raison de
la diversité culturelle des fidèles », a souligné de son côté le père
Donald Ouali, de l’archidiocèse de Bouaké.
« Ici, il n’y a pas d’ethnie, il n’y a pas de groupe politique. Ce qui nous réunit, c’est notre foi », a-t-il expliqué.
« Aux politiciens de se tendre la main »
Les chrétiens « en venant ici ont montré leur unité. C’est maintenant
aux politiciens de se tendre la main en ouvrant les prisons pour
libérer nos frères », a estimé Bénédicte Kra, une fidèle qui a effectué
le déplacement depuis Agboville.
Le pèlerinage de Yamoussoukro a été un moment de communion et de
partage, selon les autorités catholiques, mais aussi d’émerveillement
pour des milliers de fidèles ivoiriens qui découvraient pour la première
fois la basilique Notre-Dame de la Paix.
« C’est vrai, je suis en Côte d’Ivoire mais je ne connaissais pas la
basilique et l’opportunité s’est présentée avec ce pèlerinage », a
confié à l’AFP Isabelle N’Guessan, arrivée de Gagnoa.
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