L’on se souvient très bien du lancement à grand ramdam après moult tentatives avortées de Set’Mobile le
21 janvier 2012, avec un concert géant à Douala. Un lancement qui avait
fait rêver les Camerounais qui
célébraient déjà l'avènement de la concurrence dans le marché de la téléphonie mobile. Nul ne pouvait alors présager un avenir sombre pour cette jeune entreprise prometteuse.
célébraient déjà l'avènement de la concurrence dans le marché de la téléphonie mobile. Nul ne pouvait alors présager un avenir sombre pour cette jeune entreprise prometteuse.
Pourtant l’opérateur mobile virtuel (MVNO)* Eto’o Telecom Sa. du nom de l’icône du football et promoteur Samuel Eto’o fils,
cherchait comme Free mobile en France, à fournir les tarifs les plus
bas du
marché avec pour ambition également de desservir les autres pays
africains. Un but que le footballeur professionnel se savait pouvoir
atteindre à grands coups de CFA… Avec pour partenaire privilégié Orange Cameroun. Mais Hélas, les fruits passeront la promesse des fleurs…
*(MVNO) [Opérateur de réseau mobile virtuel, également connu sous le sigle MVNO (de l'anglais Mobile Virtual Network Operator),
est un opérateur de téléphonie mobile qui, ne possédant pas de
concession de spectre de fréquences ni d'infrastructure de réseau
propres, contracte des accords avec les opérateurs mobiles possédant un
réseau mobile (connu sous le sigle MNO, de l'anglais Mobile Network Operator) pour leur acheter un forfait d'utilisation de leur réseau radio et le revendre sous sa propre marque à ses clients.]
L'exemple de free en France
En France, l'arrivée de Free Mobile, partenaire de France Telecom,
avait fait bouger le marché de la téléphonie mobile entraînant une
baisse substantielle des prix des communications. Plus encore, Free
Mobile a aspiré les abonnés de France Telecom-Orange. Au premier
trimestre 2012, lors du lancement de Free, Orange a perdu 615 000
clients mobiles et 155 000 au second trimestre au profit de Free.
Actuellement
La quasi-totalité des vendeurs de crédit de communication communément appelé call boxeur interrogés ont une même réaction. «Set
mobile. Donc ça existe toujours? Ces gens ont déjà fermé. Depuis
longtemps aujourd'hui que je ne l'utilise plus ça parce qu'aucun de mes
clients n'en demandait. Je faisais près de deux mois pour écouler 10 000
Francs...», confie un call-boxeur.
Pour Yves, jeune informaticien, l'offre de service ne répondait pas aux attentes. «J'avais
cru qu'avec Set mobile, la communication coûterait moins cher.
Malheureusement, après mes premières recharges, je m’étais rendu compte
qu'il n'y avait pas les meilleurs prix comparativement à Orange et MTN.
Aujourd'hui, je ne sais même plus où j'ai jeté ma puce», explique-t-il.
Selon des informations obtenues auprès d'un ex-employé de Set mobile, l'entreprise de Samuel Eto'o aurait contracté des dettes envers ses multiples partenaires.
La déchéance
Cristalline, L@d.com, Mdc, Aimag et
Retail distribution, cinq des huit distributeurs exclusifs des produits
Set mobile. À cause des désaccords, poursuit notre source, ces derniers
ont stoppé la distribution de cartes de recharge aux points de vente, ce
qui expliquait l'indisponibilité des cartes Sim et du crédit de
communication Set mobile sur le marché. Notre source mentionne que ces
entreprises réclamaient alors environ 210 millions a Eto'o Télécom au
titre de leur investissement conformément aux accords signés.
Néanmoins, d'aucuns indexent des errements managériaux depuis le
lancement des activités en 2012. Ils se traduisent notamment par le
licenciement de Georges Dooh-Collins, l'ex- directeur général adjoint, intervenu après celui de l'administrateur directeur général Charles Gueret consécutif aux mauvaises performances de la société de M. Eto'o. avec un communiqué qui précisait bien la chose :
« Georges Dooh Collins, le directeur général adjoint de
Set’Mobile a été licencié hier, 22 janvier 2013, au terme d’une session
extraordinaire du conseil d’administration tenue en urgence à Douala. Monsieur
Georges Dooh Colins n’a pas démissionné, comme je l’entends depuis ce
matin. Il a été congédié par le conseil d’administration d’Eto’o Telecom
SA en concertation avec la direction générale », expliquait Hervé Perrin, le nouveau directeur général de Set’Mobile.
Courant mars 2013 c'est le directeur des affaires financières, la
responsable des ressources humaines qui sont à leur tour limogés pour «trafics de services divers et distraction de fonds ».
Politique commerciale approximative
Des experts relèvent aussi plusieurs erreurs commises par les
gestionnaires de. Set'mobile. D'abord la minute de communication qui dès
le départ est revenue plus cher que le tarif proposé par les
concurrents MTN et Orange. Set'mobile vendait la minute de communication
à 40 FCFA contre 25 voire 15 FCFA pratiqués par les autres en fonction
du forfait choisi. Pendant qu'Orange et MTN écoulent leurs puces entre
100 FCFA et 500 FCFA, celle de Set'mobile coûtait 1000 francs. Or, selon
les spécialistes, le positionnement des entreprises du virtuel est basé
sur les «low-cost», c'est-à-dire des prix bas.
L'on déplore également l'absence d'une politique marketing orientée
vers des niches telles que les jeunes ou les entreprises. Contrairement à
la concurrence, les abonnés de Set'mobile ne bénéficiaient pas encore
des forfaits SMS et appels. Une situation qui lui fait perdre des parts
de marché. «Je ne vois pas pourquoi j'abandonnerai mes puces Orange
et MTN puisque Set'mobile ne m'offre pas des tarifs et des forfaits
préférentiels comparativement aux autres », martèle Isséri, étudiant.
D'après Robert-Martin Silo-Samé, cofondateur de Sisaroma, un cabinet
spécialisé dans les télécommunications cité par Jeune Afrique, il s'agit
d'un problème dû à une mauvaise stratégie commerciale. «Le principal
péché de. Set'mobile réside dans son manque de lisibilité par le marché.
Il a voulu jouer sur le même terrain que les leaders alors qu'il aurait
pu se positionner sur des niches intéressantes (ethnies, jeunes...) ».
Ainsi donc est morte et enterrée Eto’o Telecom Sa,
une société qui envisageait de contribuer à l’amélioration de la
condition de vie dans le pays en créant de nouveaux emplois et en
mettant en place des partenaires locaux. Les moyens mis en œuvre pour
atteindre les objectifs étaient pourtant conséquents. Mais la gestion
calamiteuse a eu raison des bonnes intentions mandées lors du lancement.
Candide LLV
Source : Agenceecofin ; cameroun-info.net ; wikipedia
Source : Agenceecofin ; cameroun-info.net ; wikipedia

