
Les 28 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, se sont penchés sur la situation en RDC où la dégradation récente des perspectives électorales les préoccupe fortement. Les Vingt-Huit se sont fendus d'une longue déclaration commune pour appeler tous les acteurs de la vie politique congolaise à relancer le processus qui doit conduire à la tenue des élections, dans les délais prévus par la Constitution de la RDC et remis en cause par la décision de la Cour constitutionnelle de Kinshasa, il y a quinze jours, d'autoriser le maintien à son poste du président Joseph Kabila au-delà de décembre 2016 si aucun scrutin n'est organisé d'ici là. Les Européens voient une impasse dans la situation actuelle.
Avec notre bureau de Bruxelles,
Pour l'Union européenne, un gouvernement démocratique fonde sa
légitimité sur des élections régulières et les 28 pays de l'Union
européenne (UE) lancent un appel pressant à la relance du processus électoral, affirmant que le manque de visibilité quant aux dates des élections est un grand facteur d'instabilité pour la RDC.
Les Européens appellent au respect de la liberté d'expression et
dénoncent les harcèlements et l'intimidation contre des politiciens, des
journalistes et des défenseurs des droits de l'homme. Ils demandent à
tous d'assumer leur responsabilité individuelle, en particulier les
responsables des institutions chargées de la justice et de la sécurité,
en évoquant les conséquences des manquements éventuels.
« Donner une chance au démarrage du processus »
Cela sonne comme un écho aux menaces de sanctions individuelles
brandies par le Royaume-Uni, même si le ministre belge des Affaires
étrangères, Didier Reynders, préfère employer un ton modéré : « Il
n’y a pas eu de débat pour l’instant en matière de sanctions. On doit
vraiment donner une chance aujourd’hui au démarrage du processus
électoral dans des conditions correctes en termes de fonctionnement
démocratique au Congo. Aujourd’hui, ce qui est vraiment possible, c’est
de lancer le processus électoral et de faire en sorte que chacun assume
correctement ses responsabilités. »
L'Union européenne souhaite un dialogue national en RDC et
appelle la Commission électorale à déterminer les besoins financiers et
à établir un calendrier, en particulier pour l'élection présidentielle.

