Dans
un récent rapport de mission, le Cadre d’appui à l’artisanat minier
(Capam) révèle que le Trésor public camerounais perd chaque mois environ
un milliard de francs Cfa, à cause de la dissimulation des quantités
d’or
produites par les sociétés minières. «La
production enregistrée par les agents de contrôle représente seulement
les 32% du seuil minimal réel évalué de la production réelle des
sociétés de mécanisation, pour que cette activité leur soit rentable», indique le rapport cité par le Quotidien de l’Economie.
Selon
le Capam, programme gouvernemental visant à canaliser vers les circuits
formels les minerais produits au Cameroun, ces conclusions découlent «du
calcul des seuils de production déterminés par site d’exploitation en
fonction de la teneur en or, de la capacité des équipements de
production, du niveau réel d’activité sur le terrain …».
Ces
conclusions révèlent surtout une dissimulation des quantités d’or
produites dans les champs miniers de l’Est et de l’Adamaoua, et
incidemment d’importantes pertes de ressources financières pour l’Etat,
qui prélève des taxes sur les sociétés minières en fonction de la
production déclarée.
Le
rapport susmentionné, sur la base des témoignages des artisans miniers
eux-mêmes, précise que ces dissimulations des quantités d’or produites
au Cameroun sont la conséquence des «séances de lavage nocturne»
instaurées par certaines sociétés minières, opérations au terme
desquelles les quantités d’or ainsi recueillies nuitamment sont
embarquées vers des destinations inconnues.
A
la suite d’une découverte que vient d’effectuer une brigade minière
dans la localité de Ndokayo, dans la région de l’Est, un pan de voile
vient d’être levé sur le moyen utilisé par les exploitants miniers pour
convoyer les cargaisons d’or non déclarées. En effet, à ce poste de
contrôle, les éléments de la brigade minière ont découvert des sachets
contenant de l’or, dissimulés dans des bouteilles de gaz domestique.
L’attention
des éléments de la brigade a été attirée, apprend-on, par le rythme
effréné des sorties et entrées des bouteilles de gaz sur les sites
miniers, le poids suspect de ces bouteilles de gaz supposées être vides à
la sortie des sites, et les traces de soudure observées sur la base
d’un nombre important de bouteilles.
Cette
découverte conforte les statistiques officielles sur l’exploitation de
l’or au Cameroun, selon lesquelles seulement 10% de la production
nationale est écoulée dans le secteur formel, le reste étant happé par
des trafiquants, dont les prix généralement proposés aux artisans
miniers et autres sociétés sont plus alléchants.
Brice R. Mbodiam
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