Paris demande un changement des
règles européennes, qui oblige les commissaires dans un délai de 18 mois
suivant leur mandat à demander l'autorisation à leur ancien employeur
avant d'accepter un nouveau poste.
Rien n'est prévu au-delà.
L'annonce, la semaine dernière, de l'arrivée de José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne, chez Goldman Sachs
dans le contexte du Brexit suscite toujours l'indignation. Après la
levée de boucliers des députés européens, qui font circuler une
pétition, l'offensive est venue, ce mercredi, de Paris. La France
demande à l'ancien dirigeant européen d'abandonner son projet de
travailler pour la banque américaine. «M. Barroso fait le lit des
antieuropéens. Je l'appelle donc solennellement à renoncer à ce poste», a
ainsi critiqué le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Harlem
Désir, devant les députés français. Et d'insister sur une faute morale,
politique et déontologique: «C'est le pire service qu'un ancien
président d'une institution européenne pouvait rendre au projet
européen, à un moment de l'histoire où il a au contraire besoin d'être
soutenu, porté et renforcé», a-t-il ajouté. José Manuel Barroso est
recruté comme président non exécutif, chargé de conseiller la banque
américaine dans la gestion de l'après-Brexit, donc de défendre les
intérêts financiers. Il devrait être basé à Londres.
Paris demande aussi
explicitement un changement des règles européennes, du «code de
conduite»qui oblige les commissaires dans un délai de 18 mois suivant
leur mandat à demander l'autorisation à leur ancien employeur avant
d'accepter un nouveau poste. Rien n'est prévu au-delà. José Manuel
Barroso respecte ce délai de transition puisqu'il a quitté la Commission
européenne le 1er novembre 2015 après avoir occupé deux mandats. «Il
faut étendre la durée d'interdiction à être embauché par une entreprise
privée, élargir les incompatibilités, renforcer les contrôles», a ajouté
Harlem Désir.
Le
secrétaire d'État a proposé la mise en place d'un organe indépendant au
sein duquel «serait représenté le Parlement dans toute sa diversité et
des juristes internationaux pour évaluer les conflits d'intérêts et
interdire ce genre d'embauche».
Par
Anne Cheyvialle
lefigaro.fr

