Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, deux figures importantes du
"Rassemblement" de l'opposition congolaise, ont été reçus lundi au Quai
d'Orsay. Au menu des échanges : le respect de la Constitution de la
RD
Congo et le dialogue politique national.
C’est au ministère des Affaires étrangères français que se sont donné
rendez-vous, le 18 juillet, les envoyés spéciaux pour la région des
Grands Lacs – Koen Vervaeke de l’Union européenne, Thomas Perriello
des États-Unis, Danae Dholakia (Grande-Bretagne) notamment – et les
opposants congolais regroupés au sein du « Rassemblement des forces
politiques et sociales acquises au changement », issu des assises de Genval, dans la banlieue bruxelloise.
La délégation du « Rassemblement » était conduite par Étienne
Tshisekedi, président du conseil des sages de la plateforme,
qu’accompagnaient Moïse Katumbi
et Martin Fayulu, candidats déclarés à la présidentielle, ainsi que
plusieurs autres figures de l’opposition congolaise, notamment Raphaël
Katebe Katoto, Olivier Kamitatu, Kyungu wa Kumwaza, Freddy Matungulu et Delly Sesanga.
Une « étape importante » pour l’opposition
« Être reçus quatre heures au Quai d’Orsay en tant que la structure
de l’opposition en RD Congo constitue une étape importante, explique à Jeune Afrique
un proche de Moïse Katumbi. Car cela démontre qu’aujourd’hui
l’opposition ne parle que d’une seule voix ». D’autant que, dans un
passé récent, des leaders de l’opposition congolaise n’accordaient pas
toujours leurs violons quant à la posture à adopter face au camp Kabila.
« Cette rencontre d’écoute et de consultation avec les envoyés
spéciaux a été ainsi l’occasion de rappeler que nous sommes prêts à
participer à un dialogue politique national encadré par les résolutions
2277 et 2283 du Conseil de sécurité, lesquelles insistent sur la tenue
de la présidentielle dans le respect des échéances constitutionnelles »,
soit d’ici fin novembre, glisse un autre opposant qui a participé aux
discussions.
Des échanges ont également tourné autour du « rétrécissement de
l’espace politique » en RD Congo. « Le président Joseph Kabila appelle
au dialogue et, au même moment, multiplie les tracasseries judiciaires
contre les opposants et refuse de libérer les prisonniers politiques »,
accuse Katebe Katoto qui appelle le pouvoir à « montrer des signes de
décrispation du climat politique » dans le pays avant le début des
pourparlers.

