Diriger une entreprise n’a rien d’une croisière de
plaisance mais s’apparenterait plutôt à un trajet mouvementé en mer où
chavirer représente un risque qui peut survenir à tout moment. Pourtant,
un bon
capitaine sait toujours affronter les tempêtes et maintenir son
bateau à flot quelle que soit la force de la houle. Voici quelques
conseils pour traverser avec sérénité les eaux troubles.Apprenez à identifier la source et l’ampleur des difficultés.
Pour
y parvenir, vos plus précieux alliés demeurent les associations ou les
collaborateurs des centres de gestion et de comptabilité. Ils vont
s’occuper de l’ensemble des missions comptables, c’est-à-dire de
l’enregistrement des factures à la réalisation du bilan et du compte de
résultat. Mais ce n’est pas tout, ils peuvent aussi s’occuper de la
rédaction de statuts de sociétés ou prestations sociales comme la
rédaction de bulletin de paie, de contrats de travail, etc. Il existe
aussi les CGA (centre de gestion agréé) qui constituent des structures
associatives de proximité dont la mission est de donner une assistance à
la gestion et une sécurité fiscale à leurs membres adhérents. Ils
s’occupent aussi de la prévention des difficultés économiques des très
petites entreprises. Ils connaissent bien l’environnement
micro-économique et sont mieux à même de cerner la nature et l’origine
des difficultés que vous rencontrez. L’outil d’auto-diagnostic mis en
œuvre avec le centre ou l’association de gestion et de comptabilité aide
le chef d’entreprise à mesurer objectivement le degré de gravité de ses
difficultés. Pour fonctionner, cet outil se fonde sur les relations
avec les tiers comme les banquiers, salariés, clients, l’administration,
etc.
Pensez au mandat ad hoc.
Pour bénéficier de cette
procédure particulière, vous ne devez pas être en cessation de paiement.
Cette procédure ouverte aux entrepreneurs individuels, sociétés
commerciales et aux personnes morales de droit privé est une procédure
volontaire. Il s’agit d’un mandat qui consiste en la désignation d’un
mandataire ad hoc qui aura une mission d’assistance de l’entrepreneur
dans la gestion des difficultés de l’entreprise. Il vous assiste mais ne
restreint en rien votre pouvoir. Ses missions peuvent varier mais
restent limitées aux besoins de l’entreprise. Il peut agir dans un
contexte conflictuel, dans le cadre d’une négociation, pour une
médiation ou pour un accompagnement technique. Ce mandat prend fin sous
l’impulsion du mandataire ad hoc et du président du tribunal qui
constate la fin de la mission. Peu formel et souple, le mandat est
souvent mis en œuvre comme une première étape avant la conciliation. En
cas d’échec, il est mis fin à la mission et le dirigeant peut s’orienter
vers une autre procédure.
Prévoyez un risque d’impayés.
Les
impayés constituent aujourd’hui l’une des causes principales des
difficultés des entreprises. 2 sur 3 seraient concernées avec une
moyenne de 13 jours de retard avant le paiement, ce qui équivaut à un
total de près de quatre milliards d’euros de factures impayées. L’impayé
n’est pas une fin en soi à condition qu’on ait pris toutes les
précautions nécessaires. Il ne faut pas laisser la situation empirer et
réagir dès les premiers signes. Vous pouvez très bien refuser la
commande d’un client qui a déjà payé en retard ou lui imposer un
paiement au comptant. Tentez toujours la résolution à l’amiable avant
d’entamer des procédures judiciaires. Prenez toutes les précautions
possibles pour vous assurer d’être rétribué.
Gérez vos finances !
Si ce conseil tombe
apparemment sous le sens, il demeure ô combien crucial. On ne le dira
jamais assez : surveillez votre trésorerie ! Soyez attentif et
établissez des prévisions mensuelles, ne tentez pas le diable.
Gouverner, c’est prévoir. Sans tomber dans la caricature de l’oncle
Picsou qui affirmait « un sou est un sou », n’hésitez pas à demander une
remise si vous payez dans les temps, un allongement des délais de
paiement ou encore un abaissement des prix des matériaux. Il n’y a pas
de petits profits et vos finances vous diront merci. Mais ne devenez pas
un grippe-sous pour autant et réservez une partie de vos finances aux
investissements. Si vous agissez intelligemment, ça ne pourra être que
bénéfique pour votre survie.
Ne vous laissez pas entraîner par les difficultés de vos fournisseurs et clients.
Vous
n’êtes pas le seul à pouvoir subir des difficultés, vos fournisseurs
peuvent aussi être en crise. Mais voilà, il ne faut pas que vous vous
retrouviez entraîné dans leur déchéance et c’est pour cela qu’il reste
conseillé de ne pas dépendre d’un ou de plusieurs fournisseurs précis.
Diversifiez au maximum vos prestataires pour ne pas vous retrouvez pris
au dépourvu si l’un deux se trouve en grandes difficultés. Ne soyez pas
dépendant, en somme ! Si vous faites face à certaines difficultés,
privilégiez les clients historiques, car vous leur devez la priorité. En
plus de consolider vos rapports, c’est aussi un moyen de faire des
économies. En effet, acquérir de nouveaux clients reste un
investissement en temps et donc en argent.
N’hésitez pas à réclamer des soutiens.
Si
vous avez du mal à faire face à vos échéances financières (on ne vous
le souhaite pas) et que vos perspectives de développement deviennent
plus qu’indéterminées, il existe des organismes comme le Codefi (Comité
départemental d’examen des difficultés de financement) qui peuvent vous
aider. Impartial, ce dernier est en mesure de prendre des dispositions
financières, sociales ou fiscales nécessaires au redressement de la
société en difficulté, que ce soit par la mise en place d’un plan de
restructuration ou la délivrance d’aides financières. Cet organisme peut
servir de médiateur auprès des différents partenaires de l’entreprise.
Il s’agit d’une instance locale interministérielle qui, sous l’autorité
du préfet, est qualifiée pour examiner la situation de toutes les
entreprises de moins de 400 salariés. Cette dernière, qui représente
l’ensemble des services de l’État, permet d’orienter et d’informer ces
entreprises qui subissent des difficultés.
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