Le journal indique dans son édition du mardi 2 août 2016 qu’au
regard du contexte, elles pourraient ne pas échapper à la furie du
Président de la République, Paul Biya, lors de la vague des arrestations
qui va bientôt avoir lieu.
Le journal passe en revue quelques «manipulateurs
des fonds publics» contre lesquels la justice risque d’accélérer les
procédures.
Yaou Aissatou, une affaire de 30 milliards de FCFA
Elle a été entendue en août 2015 par les fins limiers du Tribunal
Criminel Spécial dans une affaire de détournement de 30 milliards de
FCFA dans le cadre de sa gestion comme Directeur Général de la Société
National d’Investissement (SNI). Ministre de 1984 à 2000 et aujourd’hui
DG de la SNI, sa longévité aux affaires serait la principale cause de sa
mauvaise gestion. En 2014, un rapport du Contrôle Supérieur de l’État
(CONSUPE) mettait en cause ses fautes de gestion, notamment à travers
des paiements indus de salaires à certains employés de la SNI.
Aujourd’hui encore, une autre mission du CONSUPE y séjourne.
Edgar Alain Mebe Ngo’o, une affaire de 310 millions de FCFA
L’actuel Ministre des Transports n’est pas à l’abri de l’Opération
Épervier. Le 3 décembre 2015, il a été auditionné par le
Lieutenant-colonel Jacob Emmanuel Nsom pour des faits présumés commis au
moment où il était encore Ministre Délégué à la Présidence de la
République, Chargé de la Défense. Edgar Alain Mebe Ngo’o est accusé à
tord ou à raison par les responsables d’avoir distrait la dotation de
310 millions de FCFA consentie au Centre inter-régional de coordination
par le Chef de l’État. L’actuel ministre est aussi cité dans les
détournements liés à l’acquisition de deux avions de type MA60 qui a
déjà vu deux pontes du régime embastillés.
Ibrahim Talba Malla Oumaté, le fantôme de la CSPH
Le Directeur Général de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) a
été entendu au TCS. Ce, depuis plusieurs mois. Il est accusé de derniers
publics en sa qualité d’ex-directeur général de la Caisse de
Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH). Il pourrait se
retrouver dans une mauvaise passe au terme des enquêtes initiées par les
fins limiers du TCS à son endroit si les faits portés contre lui sont
établis.
Bello Bouba Maigari, le spectre des MA60
Cité dans le cadre des détournements liés à l’acquisition des avions
de type MA60, l’actuel Ministre du Tourisme et des Loisirs a été entendu
au TCS. Les chefs d’accusation portés contre lui après le retour d’une
mission de contrôle de la Chine qui a constaté une surfacturation de 20
milliards de FCFA lors de l’achat des avions remontent au moment où il
était Ministre des Transports. L’enquête initiée contre lui suit encore
son cours normal au TCS.
Amadou Ali, le TCS veut voir clair sur les 500 millions de FCFA
Au moment des faits, l’actuel Ministre Délégué à la Présidence de la
République, Chargé des relations avec les assemblées, était encore
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux. L’an dernier, il a été entendu
par le TCS dans le cadre d’un détournement de 500 millions de FCFA
consacrés aux travaux de développement des infrastructures carcérales et
l’amélioration des conditions des détenus. L’ensemble de ces projets
était financé par un programme de l’Union Européenne, a-t-on appris.
Jean Pierre Biyiti Bi Essam, argent public dans un compte privé
L’ex-Ministre des Postes et Télécommunications a été auditionné le 3
décembre 2014 par les juges du TCS de Yaoundé dans le cadre de l’affaire
de la visite du Pape Benoit XVI au Cameroun. Il est accusé de
détournement de la somme de 140 millions dédiés à la couverture
médiatique de la visite du Pape Benoit XVI au Cameroun, les 17 et 20
mars 2009. Au moment des faits, Biyiti Bi Essam assurait la fonction de
Ministre de la Communication.
Par Aaron ONANA N. | Cameroon-Info.Net

