Les Trésors publics du Cameroun, de la République centrafricaine (RCA), du Tchad et du Gabon ont pu lever une enveloppe globale de plus de 26 milliards de francs Cfa en une semaine (les 20 et 27 juillet 2016), sur le marché
des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), apprend-on des communiqués officiels de cet institut d’émission.
Mais,
les résultats de ces séances d’adjudication des titres publics de ces
pays donnent à voir une disparité importante sur le niveau de confiance
que les investisseurs accordent à chacun de ces quatre Etats de la zone
CEMAC.
Avec
235% de taux de souscription (16,5 milliards de francs Cfa ont été
proposés pour une demande de seulement 7 milliards de francs Cfa) à ses
titres d’une maturité de 52 semaines, et un taux d’intérêt moyen de
2,4%, les feux sont toujours bien au vert pour le Cameroun sur ce
marché, dont il est le principal animateur depuis sa création en 2011.
Auréolé
par ce énième succès, le Trésor public camerounais repart à l’abordage
le 3 août prochain, pour tenter de lever 7 autres milliards de francs
Cfa. Ce sera à travers une émission de bons du trésor assimilables (BTA)
d’une durée de maturité de 26 semaines cette fois-ci.
En
revanche, pour le Gabon, le Tchad et la RCA, les voyants du marché des
titres publics de la BEAC semblent virer à l’orange. En effet, sur les 5
milliards sollicités par le Gabon le 20 juillet dernier, par émission
d’obligations du trésor assimilables (OTA) d’une maturité de 2 ans,
seulement 4 milliards de francs Cfa ont été récoltés, soit un taux de
souscription de 80%. De plus, les
investisseurs n’ont consenti à servir cette enveloppe au Trésor public
gabonais qu’à un taux d’intérêt moyen de 4,5%. Ce qui n’a cependant pas
échaudé ce pays frappé de plein fouet par la baisse des recettes
pétrolières, puisque le Gabon va de nouveau tenter de lever 6 milliards
de francs Cfa sur le marché de la BEAC le 3 août prochain, au moyen
d’une émission de bons du trésor d’une maturité de 13 semaines.
Pour
sa part, le Tchad a affiché le plus petit taux de souscription aux
titres publics sur le marché de la BEAC la semaine dernière. Le Trésor
public de ce pays, également mis à mal par la baisse des cours mondiaux
du brut, n’a pu mobiliser que 11,2 milliards de francs Cfa sur les 20
milliards de francs Cfa sollicités le 27 juillet dernier. Soit un taux
de souscription de 56%. Le taux d’intérêt moyen exigé par les
investisseurs au cours de cette séance d’adjudication de BTA tchadiens à
13 semaines, a quant à lui culminé à 3,9%.
De
ce point de vue, le Tchad a fait mieux que la République
centrafricaine. Ce pays de la CEMAC, qui se relève d’une longue
instabilité politique, a dû servir un taux d’intérêt moyen de 5%, pour
récolter 4 milliards de francs Cfa sur le marché de la BEAC, à travers
une émission de BTA à 26 semaines. C’était le 20 juillet dernier.
Le
5ème pays acteur de ce marché, la Guinée équatoriale en l’occurrence,
se lance dans la bataille pour la mobilisation des fonds le 3 août 2016,
pour tenter de lever 20 milliards de francs Cfa par émission de BTA à
52 semaines. Aucune information n’a
filtré jusqu’ici sur l’opération (en vue de lever 10 milliards de
francs Cfa) prévue le 20 juillet dernier sur ce même marché par cet
Eldorado pétrolier de la zone CEMAC, qui paye cher sa trop grande
dépendance aux recettes pétrolières.
Brice R. Mbodiam

