Alors que le président angolais quittera ses fonctions en août, un
projet de loi modifiant les avantages
accordés aux anciens chefs d’État
fait polémique.
Si plus aucun doute ne subsiste quant au départ de José Eduardo dos Santos, 74 ans et président de l’Angola depuis plus de trente-sept ans, les conditions de sa retraite ne sont pas encore réglées. À deux mois des élections générales, prévues le 23 août, un projet de loi organique publié au Journal officiel le
15 juin crée la polémique. Composé de 4 chapitres et de 14 articles, il
modifie les avantages accordés aux anciens chefs d’État. Il sera
présenté à l’Assemblée nationale le 28 juin. « Le texte fait débat dans
l’opposition comme dans l’entourage politique du président », précise
une source à JA.
De quoi s’agit-il ? Outre des ajustements sur certains
points prévus par la Constitution de 2010, tels que sa rémunération, qui
sera équivalente à 90 % de son dernier salaire (revu opportunément à la
hausse le 8 juin pour atteindre environ 5 600 euros par mois), la prise
en charge de gardes du corps, d’une voiture avec chauffeur, ou encore
de billets d’avion en première classe, le projet élargit certains de ces
privilèges aux anciens vice-présidents et aux familles, dont la
première dame, qui bénéficierait d’un salaire équivalent à 70 % de celui
du président lors de sa dernière année en fonction.
« Président de la République émérite honoraire », un statut avantageux
Le texte prévoit de plus la création du statut de
« président de la République émérite honoraire ». Selon Alcides Sakala,
député et porte-parole de l’Union nationale pour l’indépendance totale
de l’Angola (Unita), l’opposition craint « qu’il ne continue à exercer
le pouvoir ».
Le président n’a pas besoin d’avantages supplémentaires. Sa situation est déjà très confortable
Autre article qui sème la discorde : un statut judiciaire
qui exclut toutes poursuites devant un tribunal spécial pour des
infractions – quelles qu’elles soient – commises au cours des fonctions
de président. Une disposition contraire à la Constitution : selon
l’article 127, « le président de la République n’est pas responsable des
actes commis dans l’exercice de ses fonctions, sauf dans les cas de
corruption, de trahison et de crimes […] ». Membre du Congrès et du
Mouvement pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir), Irene Neto,
la fille de l’ancien président Agostinho Neto (fondateur du MPLA),
s’est elle-même indignée, estimant que « le président n’a pas besoin
d’avantages supplémentaires. Sa situation est déjà très confortable ».
Source: Jeune Afrique

