Alors que les musulmans du monde entier fêtent la
fin du ramadan, Donald Trump marque une
nouvelle fois sa différence -certains diront sa défiance- vis-à-vis de l'islam. Si le président américain a publié dès samedi un communiqué pour adresser ses salutations chaleureuses, ni lui ni son administration n’ont jugé nécessaire d’organiser une cérémonie à la Maison Blanche. Cela faisant plus de 20 ans qu’existait cette tradition.
nouvelle fois sa différence -certains diront sa défiance- vis-à-vis de l'islam. Si le président américain a publié dès samedi un communiqué pour adresser ses salutations chaleureuses, ni lui ni son administration n’ont jugé nécessaire d’organiser une cérémonie à la Maison Blanche. Cela faisant plus de 20 ans qu’existait cette tradition.
Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier
L’histoire raconte que c’est en 1805 qu’a eu lieu la première rupture
de jeûne du ramadan à la Maison Blanche. Le président Thomas Jefferson
profite alors de la présence d’un envoyé officiel de Tunis pour
organiser un dîner à la tombée de la nuit, alors que les invités étaient
en général conviés dès 15h30.
Bien plus tard, en 1996, c’est Hillary Clinton, alors Première dame, qui a institué la tradition de célébrer l’iftar [repas
de rupture de jeûne] à la Maison Blanche. Trois présidents successifs
avaient ainsi organisé ce moment de communion avec la communauté
musulmane.
Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, George
Bush avait maintenu l’événement, prononçant un discours dans lequel il
insistait sur la distinction entre l'islam et la lutte contre le
terrorisme, qu’il venait d’engager en Afghanistan.
Barack Obama avait ensuite, durant ses deux mandats, toujours affiché une solidarité très forte avec les communautés musulmanes.
Pour sa part, en campagne puis à la présidence, Donald Trump n’a jamais caché sa défiance. Le président souhaiterait
empêcher l’entrée sur le sol américain aux ressortissants de plusieurs
pays musulmans, et son communiqué pour le début du ramadan avait été
jugé ambigu, puisqu’il n’avait pas pu s’empêcher d’y évoquer deux fois
le terrorisme.
S’il a cette fois évité cette maladresse, il n’organisera pas de
dîner à la Maison Blanche. Cette rupture avec deux décennies de
tradition est un symbole de la relation complexe qu’il entretient
décidément avec l’islam.
Par RFI

