
Dans son rapport annuel publié fin 2015, l'Agence
internationale de l'énergie prévient qu'un scénario avec un baril entre
50 et 60 dollars jusque dans les années 2020 est tout à fait
envisageable. En attendant, les conséquences pour les pays pétroliers en
Afrique centrale peuvent être dramatiques.
Malgré ce tableau
anxiogène, je suis persuadé que la crise actuelle est une chance pour la
zone CEMAC et le Congo en particulier. Cette crise doit nous servir
d'avertissement. Elle met à nu une vérité : nous devons diversifier nos
économies rapidement et durablement.
Au-delà du pétrole,
l'Afrique centrale n'a pas su tirer profit de ses nombreux atouts et n'a
pas fait preuve d'audace pour investir dans son futur lequel se trouve,
de façon évidente, dans le développement de secteurs d'avenir comme
ceux de l'économie verte - fondé sur les activités liées à la transition
écologique - et maritime. Dans cet avenir, la jeunesse doit également
prendre ses responsabilités et s'approprier la responsabilité de
conduire le changement.
Avec une prise de conscience écologique,
l'Afrique centrale peut offrir une vision novatrice. Le caractère
exceptionnel de l'environnement du bassin du Congo permettrait aux pays
d'Afrique centrale, le Congo en tête, de créer un modèle de croissance
basé sur des activités vertes et intarissables. Du parc d'Odzala-Kokoua à
la réserve communautaire du lac Télé en passant par le majestueux
fleuve Congo, nous disposons d'atouts inestimables pour créer de la
valeur dans des domaines aussi variés que les énergies renouvelables et
l'écotourisme. À nous d'être créatifs pour capitaliser sur ces avantages
précieux.
Il ne faut pas non plus négliger le potentiel quasi infini du littoral africain. The Institute for Security Studies estimait
en 2016 que l'économie maritime africaine pouvait générer plus 1 000
milliards USD par an. Il est crucial que nous parvenions à valoriser nos
côtes. Nous ne pouvons plus destiner la façade maritime à la seule
activité portuaire. Développer les chaines de valeurs allant de
l'industrie de la pêche à celle des loisirs, former les compétences et
construire les réseaux d'infrastructures adéquates pour intégrer
l'hinterland : Ce sont autant de défis actuels pour créer notre économie
de demain.
Autre avantage de taille, les pays de la zone CEMAC
et plus particulièrement le Congo bénéficient d'une position
géographique favorable. 70% de l'ensemble de la population africaine se
trouve à moins de quatre heure de vol de Brazzaville. En renforçant
notre attractivité et en accueillant les différents investisseurs,
notamment africains, nous parviendrons à créer un modèle de
développement inclusif. L'objectif affiché doit être ambitieux : faire
du Congo et de la région un territoire attractif qui offre des
opportunités à tous les acteurs.
Dans cette mutation, la jeunesse
doit prendre ses responsabilités et trouver de nouveaux sentiers, de
nouveaux relais de croissance. Dans un pays comme le Congo où près de
60% de la population a moins de 24 ans, cette jeunesse représente un
capital humain d'une grande valeur. De nombreux jeunes démontrent déjà
qu'ils ont la capacité d'innovation dans des secteurs à fort potentiel.
Au Congo, Loïc Mackosso et Vérone Mankou excellent et dépoussièrent
respectivement les métiers de la finance et des médias.
Au
Cameroun, Olivier Madiba a lancé un jeu vidéo à succès dont l'imaginaire
est ancré dans la tradition. Depuis Douala, Diane Audrey Ngako œuvre
pour le changement de l'image du contient. Elle contribue ainsi à faire
de l'Afrique une destination de choix, ce qui développera l'industrie du
tourisme. Chacun à leur manière, ces jeunes réconcilient la modernité
et la tradition pour créer l'Afrique de demain. Ils ont su s'affranchir
des difficultés pour réaliser pleinement leur potentiel dans des
secteurs d'avenir à très forte valeur ajoutée. Ces exceptions doivent
devenir la règle !
Nous traversons une période orageuse qui ne
doit pas nous tétaniser. Au contraire, nous devons transformer les
éléments en source d'énergie pour aller de l'avant. L'occasion est
historique, à nous de la saisir.
Source: afrique.latribune.fr

