Coup de théâtre et coup de colère au procès Obiang à Paris lundi 26 juin. Alors que le mercenaire Simon Mann est venu témoigner pour raconter le coup d'Etat manqué en 2004 contre le régime Obiang, il a donné les identités des commanditaires et la défense de Teodorin Obiang a alors produit un courriel laissant entendre que les parties civiles étaient proches des commanditaires de putsch.
Avec notre envoyé spécial au palais de justice de Paris, Franck Alexandre
Le témoignage de Simon Mann
sentait le soufre ; il a tenu toutes ses promesses. L’ex-militaire
britannique qui, bien volontiers, affirme être un mercenaire évoque à la
barre le coup d’Etat raté qu’il a fomenté en 2004 en Guinée équatoriale
pour renverser le président Obiang.
Après avoir passé deux ans derrière les barreaux, Simon Mann a
finalement choisi d’entrer au service du régime équato-guinéen avec pour
mission d’identifier les commanditaires du coup d’Etat. Et il cite un
nom : Elie Kalil, un homme d’affaires libanais.
C’est le moment que choisit Emmanuel Marsigny, avocat de Teodorin
Obiang pour abattre son atout. Il produit un email d’Eli Calil daté de
2007 et adressé à William Bourdon, l’avocat des parties civiles. Cet
email est censé révélé des détails sur les avoirs du vice-président
Teodorin Obiang.
Sur le banc des parties civiles, William Bourdon s’étrangle, dénonce un « faux grossier », un « procédé immonde », une « attaque ad hominem ».
On ne sait pas s'il faut rire
ou pleurer. Cette histoire elle court sur un certain nombre de réseaux
sociaux africains depuis très longtemps sur le fait que j'aurais été un
agent de déstabilisation du régime. C'est évidemment une pure calomnie.
Me William Bourdon
L'avocat de Teodorin Obiang estime en revanche que le dossier est
politique et que d'aucuns cherchent à instrumentaliser la justice.
Nous avons voulu verser au
débat un document qui interpelle. Nous disons depuis le début que c'est
un dossier sans preuves, que c'est un dossier politique, que derrière
les grands principes il y a des intérêts particuliers qui cherchent à
instrumentaliser la justice française.
Me Emmanuel Marsigny
Le dossier n’a pas avancé d’un pouce, mais dans l’enceinte du procès
des biens mal acquis, l’atmosphère est devenue complètement
irrespirable.

