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Emmanuel et Brigitte Macron au Touquet.
S'agit-il d'éviter les paparazzis ou les risques d'attentats ?
En tout cas le mystère plane autour
du lieu de villégiature des époux
Macron.
Disparaître des radars. Les membres du gouvernement s'y attellent
depuis mercredi, date du dernier conseil de ministres avant la trêve
estivale de deux semaines. Un repos mérité après les premiers mois
tumultueux de la présidence d’Emmanuel Macron, en berne dans les récents sondages. Avec sa femme, il prévoit de s’éclipser "quelques jours", mais le mystère plane autour du lieu de la bronzette.
Il avait pourtant habitué la presse à médiatiser ses congés. Que ce soit sur une plage (avec un nudiste) où à la Lanterne,
l'une des résidences de la République. Ses apparitions, polo de sortie,
avec un petit pull-over uni en cas de brise, étaient devenues
routinières.
Alors ce silence alimente les nombreuses rumeurs,
comme du "Huffington Post" italien et du "Corriere della Serra" - et
reléguée par plusieurs médias français - selon laquelle le couple aurait
finalement choisi de partir au sud de l’Italie, dans la région des
Pouilles. Contacté par "l'Obs", l'Élysée dément cette information et
maintient que le couple séjournera en France. Toutefois, le "tour des capitales européennes" annoncé par le candidat Macron serait maintenu pour la fin de la période estivale.
Sur
ce grand plateau de Monopoly des lieux villégiature, quelques cases
sont déjà rayées. Pas question d'aller au Touquet, dans leur résidence
secondaire du couple. Aucune tranquillité. Située dans le centre et
attenante à la route, elle est devenue le lieu de pèlerinage des badauds, surveillée 24h sur 24.
L’engouement
médiatique autour de ce jeune président avait déjà suscité un
attroupement de journalistes devant la villa. Ce qui l'avait même obligé
à passer par-dessus un mur de son jardin pour sortir incognito
jouer au tennis. Ils ne devraient pas non plus séjourner dans une des
fastueuses résidences de la République, le Pavillon de la Lanterne (près
de Versailles) ou le Fort de Brégançon dans le Var.
Des vacances plus courtes et plus secrètes
Lundi, l’Élysée a assuré que le président serait "mobilisable à tout moment",
à l'instar de ses ministres à qui il a demandé de se reposer "à moins
de deux heures de Paris". Car les temps ont changé. Aujourd'hui les
Chirac ne pourraient plus passer du bon temps au Canada, comme en pleine
canicule de 2003.
Élu sur son profil de "président normal", François Hollande avait été critiqué pour ses deux semaines de vacances
l’été de son élection. Il a pris pris soin, les étés suivants, de ne
prendre que dix jours, puis une semaine, puis rien. Il avait également
veillé à moins médiatiser ses départs, lui qui en 2012 prévoyait même des "points presse" en gare pour marquer le coup de son départ vers le sud… en train. Ce qui avait créé une bonne pagaille en Gare de Lyon.
Petit
à petit, le président socialiste s’est montré plus obscur sur son lieu
de vacances. Après avoir passé respectivement ses vacances au Fort de
Brégançon, puis à la Lanterne en entre 2012 et 2014, l’année suivante
marqua le début de la discrétion. L’Élysée ne communiqua pas de lieu
précis. Finalement les paparazzis retrouvèrent le chef de l’Etat dans le
Var, où il séjournait dans un lieu privé. Le dernier été de son mandat, l’Élysée ne laissa fuiter, une première.
Aujourd’hui,
la menace terroriste fait du président une cible de choix. Mardi,
Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, n’a pas voulu dévoiler le lieu de vacances du couple présidentiel "pour des raisons de sécurité".

