Alors qu'un accord conclu le 9 août 2017 devait enterrer la hache de
guerre entre les agents des régies
financières et les ministères
gabonais de l'Économie et du Budget, le syndicat de base accuse les
autorités de ne pas avoir tenu leurs promesses et brandit de nouveau la
menace d'une grève.
L’accord du 9 août, en vertu duquel les agents ont suspendu leur grève prévoyait
que le gouvernement verse un mois de bonus et une prime à chacun avant
le 10 août, ainsi que le versement d’un autre bonus avant le 17 août
mais les syndicats accusent aujourd’hui le services du Trésor gabonais
de n’avoir versé que la prime et pas le bonus.
« Il est clair que le gouvernement n’a pas tenu toutes ses promesses » indique à Jeune Afrique Erisco
Wilfried Ossialas Mvou, président de l’Union générale de la
comptabilité publique et du trésor. D’après lui, le syndicat appelait à
la tenue d’une nouvelle assemblée générale pour examiner les actions à
entreprendre suite au non respect de l’accord conclu le 9 août par les
autorités gabonaises. « Nous n’avons fait que suspendre la grève, nous
pouvons donc la reprendre à tout moment », prévient le leader syndical.
Le syndicaliste pointe du doigt les services de la direction
générale du Trésor, responsables selon lui du blocage actuel. « C’est
au gouvernement de prendre ses responsabilités, si on ne trouve pas
d’accord, nous appellerons à une nouvelle grève ainsi qu’au départ des
directeurs centraux du Trésor et du ministre de l’Économie »,
ajoute-t-il.
Une grève d’avertissement de 3 jours
L’intersyndicale des régies financières du Gabon, qui
comprennent les douanes, les impôts, les hydrocarbures et le Trésor,
avait annoncé, lors d’une assemblée générale le 1er août, le
déclenchement d’une « grève d’avertissement de 3 jours », du mercredi au
vendredi 4 août, pour réclamer le paiement des primes et d’arriérés de
bonus.
Ce mouvement social avait fait suite à l’échec des
négociations avec le gouvernement, selon l’intersyndicale.
L’intersyndicale avait dressé un plan d’actions qui comprenait, entre
autres, la fermeture des magasins et des aires de dédouanement, l’arrêt
des campagnes fiscales, l’arrêt immédiat des chargements pétroliers ou
encore l’arrêt des ventes fiscales.
Le retour au système des fonds communs
Le président de l’Union générale de la comptabilité publique
et du trésor a par ailleurs indiqué que le syndicat était attaché au
retour du système des fonds communs, abrogé et remplacé par le système
de la prime d’incitations à la performance en 2014.
Le système des fonds communs, vieux de 40 ans, accordait une
sorte de bonus aux agents de la douane, impôts et Trésor public, ainsi
qu’à ceux relevant du secteur des hydrocarbures, première ressource du
pays. L’objectif affiché à sa création en 1974 était d’assurer un revenu
suffisant aux fonctionnaires chargés de collecter et de gérer l’argent
public afin de leur donner la force de résister aux sirènes de la
corruption.
Mais au fil des ans, il a abouti à de nombreux abus,
certains haut fonctionnaires empochant des bonus aux montants
astronomiques.
Difficultés économiques
Les grèves se succèdent dans l’administration et les entreprises du secteur privé du pays, alors que l‘économie gabonaise traverse des difficultés dues à la chute des cours de pétrole depuis 2014.
Le gouvernement a mis en œuvre un plan de relance
économique, avec le soutien du FMI. Le 19 juin dernier, l’institution
financière a approuvé un prêt de 642 millions de dollars (573 millions
d’euros) au pays au titre de son mécanisme élargi de crédit.
Source: Jeune Afrique

