Le boom pétrolier des années 2000 a permis à la Russie de Poutine de rembourser ses
créanciers sans difficulté.
Cent ans après la Révolution russe, Moscou a annoncé lundi avoir
remboursé les derniers dollars que l'Union soviétique devait à ses
créanciers étrangers. Car lorsque, voici un peu plus d'un quart de
siècle, l'URSS a disparu - «la plus grande catastrophe géopolitique du
XXe siècle» selon Vladimir Poutine -,
la Fédération de Russie avait hérité de quelque 70 milliards de dollars
de dette. Celle-ci avait surtout gonflé pendant les temps difficiles de
la Perestroïka.
Le boom pétrolier des années 2000 a permis à la
Russie de Poutine de rembourser ses créanciers sans difficulté. Et ces
deux dernières années, en dépit de la chute du prix du pétrole, des
sanctions occidentales et de la récession en Russie, Vladimir Poutine a
tenu à honorer ses engagements financiers.
Restait un reliquat de
125,2 millions de dollars dû à la Bosnie-Herzégovine. Le gouvernement
russe a annoncé lundi avoir réglé ce solde le 8 août, selon un accord
signé en mars dernier. Pour le petit pays d'ex-Yougoslavie, le montant
n'est pas mince puisqu'il représente environ un dixième de son budget.
Les descendants des investisseurs français qui avaient investi dans
les fameux emprunts russes de l'époque tsariste argueront que toutes les
dettes historiques de la Russie n'ont pas été remboursées. Seulement,
la France a renoncé officiellement, il y a vingt ans, à réclamer le
remboursement des créances russes antérieures à 1945. En échange, la
Russie avait versé 400 millions de dollars. L'Association nationale des
porteurs d'emprunts russes avait estimé que cette somme ne représentait
que 1 % de la valeur actualisée de la dette. Et n'a toujours pas renoncé
à obtenir ce qu'elle considère comme son dû. F. N.-L.

