Si le transfert de Neymar Jr. devrait coûter en tout plus de 500 millions d’euros au PSG, le club de la capitale fait tout de même une bonne affaire.
Les chiffres donnent le tournis. Entre
sa clause libératoire au Barça (222 M€), les différentes primes à la
signature ainsi qu’aux intermédiaires (100 M€) et son salaire annuel (30
M€), Neymar Jr. va coûter en tout plus de 500 millions d’euros au PSG
sur la durée de son contrat, qui devrait être de cinq ans et qu’il
devrait parapher dans les prochaines heures. Etourdissant. "Ça représente 362 siècles de Smic !, s’indigne sur France Info Adrien Quatennens, député de la France Insoumise. Pour gagner son salaire annuel, un travailleur au Smic devra travailler environ 2173 années."
Vu
de l’extérieur, ce transfert a de quoi choquer. Dans le monde du
football aussi, d’ailleurs, puisque l’attaquant brésilien va écraser le
record établi en 2016 par Paul Pogba, acheté 105 millions d’euros par
Manchester United. Mais ce milieu est une économie parallèle, où miser
gros peut rapporter plus gros encore. "Je ne crois pas que 222 millions d’euros pour Neymar, ce soit cher, a commenté José Mourinho, après la victoire des Red Devils en amical contre la Sampdoria (2-1). Neymar est un des meilleurs joueurs du monde et donc commercialement, c’est très solide."
"Ça représente 362 siècles de Smic"
Et
ça, les dirigeants parisiens l’ont parfaitement compris. S’ils espèrent
évidemment que l’arrivée de "Ney" va booster le club sportivement,
l’objectif étant de gagner enfin la Ligue des champions, ils savent
aussi très bien que son impact est global. "Il est plus bankable et a plus de potentiel, grâce à sa personnalité, que quelqu’un comme (Lionel) Messi,explique Didier Primault, économiste au Centre de droit et d’économie du sport, sur les ondes de la radio publique. Il a ce côté un peu fantasque qui plaît beaucoup aux jeunes et lui donne plus de poids au niveau publicitaire."
Au
Brésil, dans toute l’Amérique du Sud et en Asie, où il était encore en
début de semaine pour des opérations marketing, le futur ex-Barcelonais a
une cote incroyable qui pourrait permettre au PSG de rentrer dans ses
frais à moyen ou plus long terme, via les négociations pour les droits
TV à l’étranger par exemple. Son recrutement à prix d’or met également
les décideurs franciliens en position de force pour discuter avec leurs
différents sponsors (Fly Emirates, notamment) et leur équipementier
(Nike), que Paris et sa nouvelle star auriverde ont en commun.
"Si vous vendez un million de maillots..."
Tous
ces paramètres sont donc à prendre en compte dans ce transfert
historique, sachant que les ventes de maillots floqués du nouveau n°10
parisien, un numéro que Javier Pastore a décidé de lui offrir comme
cadeau de bienvenue, vont également décoller. Un business plus lucratif
qu’il n’y paraît. "Si vous allez en bas des Champs-Élysées pour
prendre un maillot du PSG, aujourd’hui, vous allez payer 120 ou 130
euros selon les options que vous allez prendre. Il va rester en gros une
quarantaine d’euros au club", confie un autre économiste, Vincent Chaudel, sur RMC Sport.
"Si vous vendez un million de maillots, ce qui est probable dans le cas de Neymar, vous avez déjà gagné 40 millions d’euros, poursuit-il. Et
après vous pouvez décliner cela avec des mugs, avec tous les produits
dérivés. Donc là, on est sur un gisement potentiel de produits dérivés
dans le monde entier." Une véritable machine à cash qui, si les
résultats suivent sur le terrain, justifiera que le PSG ait fait cet
investissement colossal. Peut-être pas aux yeux des ouvriers et des
travailleurs, mais le football est de toute façon déconnecté de cette
réalité-là depuis déjà bien longtemps.
Source: football.fr

