Success Story:Qui est Jeff Bezos, le PDG américain d'Amazon devenu l’homme le plus riche du monde
Parti de la vente de livres en ligne,
Jeff Bezos a construit un empire géant avec Amazon. À 53 ans, le
PDG
américain est devenu l’homme le plus riche du monde devant Bill Gates
(Microsoft) en 2017. Sa fortune est estimée à 100 milliards de dollars.
Retour sur un itinéraire hors du commun.
A-M-A-Z-O-N.
Six lettres à taper dans un navigateur internet pour trouver tout et
n’importe quoi, acheter et se faire livrer en quelques jours, parfois
quelques heures, à prix souvent réduits. Des millions de clics qui ont
fait la fortune de Jeff Bezos, le patron de la plateforme de vente en
ligne Amazon.
Vingt ans après l’entrée d’Amazon au
Nasdaq – la bourse mondiale de référence pour le secteur
électronique – l’entreprise piétine la concurrence. Jeff Bezos est même
devenu l’homme le plus riche du monde (avec 100 milliards de dollars)
devant l’inoxydable Bill Gates, patron de Microsoft.
Chez Bezos, le client est vraiment roi
Né
en 1964 au Nouveau-Mexique, Jeffrey Preston Bezos est l’un des rares
grands entrepreneurs du moment (on classe souvent Amazon dans le cercle
des « géants » gravitant autour d’internet, aux côtés de Microsoft,
Apple, Google et Facebook) à pouvoir se vanter d’avoir réussi en
commençant ses affaires comme libraire.
Certes, on est
loin de la librairie du coin de la rue et de la petite équipe de
passionnés qui conseille ses clients. Ici, on parle plutôt d’entrepôts
géants où les employés travaillent en cadence pour remplir des colis
envoyés aux quatre coins du monde.
C’est
au début des années 1990 que Jeff Bezos, alors la trentaine et diplômé
de la prestigieuse université américaine de Princeton, est frappé par le
potentiel qu’offre l’e-commerce (la vente à partir d’internet), à peine
né. «J’ai pris en compte le fait qu’internet était en train de grossir de 2300% chaque année. Je n’avais jamais rien vu de tel ni entendu parler de quelque chose évoluant aussi vite», disait-il en 2010 lors d’un discours destiné aux étudiants de Princeton.
Son
idée, ce sont les livres. Au lieu de faire venir le client en
librairie, il a décidé que la librairie viendra au client. Avant ça, les
petits boulots et les grandes idées remplissent ses premières années
post-universitaires. Soutenu par son entourage, il décide d’installer sa
nouvelle société, Amazon, à Seattle en 1995.
Vingt ans
plus tard, l’entreprise a atteint des sommets. Lui qui a été abandonné
par son père à la naissance s’est construit face aux obstacles. Il a
littéralement commencé dans un garage, rappelle le journaliste américain
Brad Stone dans son livre The Everything Store: Jeff Bezos and the Age of Amazon.
Avec beaucoup d’acharnement, de patience, des investissements clés et
une dose de chance, l’entreprise s’est développée, a souffert, mais
s’est relevée, pour finalement s’imposer.
Les prix très bas comme levier
Amazon
a surtout l’image d’une entreprise tentaculaire qui ne cesse de
croître. Si l’on regarde le chiffre d’affaires, difficile de le nier.
Dans le détail, l’entreprise prend tous les risques. Longtemps
déficitaire, elle a fait des pris bas un credo. Les bénéfices n’ont
d’ailleurs pas toujours été bons.
Qu’importe, pour Bezos, «tant mieux»
si la concurrence voit Amazon mal en point. Le chef d’entreprise s’est
imposé en jouant avec les règles. Même concernant les employés. Les
critiques sur sa gestion humaine sont récurrentes. De nombreux
témoignages d’intérimaires décrivent des «cadences infernales» lors des fêtes de fin d’année notamment.
Blue Origin est en concurrence direct avec Space X, la société d’un
autre milliardaire en vogue, Elon Musk. (Photo : Blue Origin)
Brad
Stone parle également dans son livre des acquisitions radicales menées
par l’homme d’affaires. À coups de rachats souvent agressifs, le magnat
de la vente en ligne a mangé tout le monde ou presque, se lançant dans
une guerre des prix fatale à la concurrence.
Car une
chose passe avant tout, pour lui : la satisfaction du client. Sauf qu’à
la différence d’autres entreprises, il tient sa promesse. Quitte à être
dur en interne. «Jeff, un jour, tu comprendras que c’est plus compliqué d’être gentil que d’être intelligent», lui avait déjà glissé un jour son grand-père texan, un homme «intelligent et calme», chez qui il a passé de nombreux étés durant son enfance.
Patron et philantrope
Jeff
Bezos ne se résume néanmoins plus uniquement à Amazon. L’homme
d’affaires s’est lancé dans d’autres projets. Dans la lignée des
milliardaires philantrophes de la Silicon Valley, son rêve est«de sauver l’humanité en créant des colonies permanentes dans des stations spatiales orbitales», rapporte Brad Stone.
Force
est de constater qu’il réussit aussi dans ces domaines. Blue Origin,
qu’il a créée en 2000, concurrence depuis quelques années la société
Space X de l’autre milliardaire américain, Elon Musk, sur le marché des
lanceurs d’engins spatiaux réutilisables.
Le
Washington Post connaît une forme rayonnante depuis son rachat par Jeff
Bezos et un changement du traitement de l’information, sur internet
notamment. (Photo : Karen Bleier/AFP)
L’empire de Jeff Bezos, c’est aussi le Washington Post,
célèbre quotidien américain qu’il a racheté en 2013. Sans compter des
acquisitions plus mineures et des participations dans d’autres sociétés.
Le milliardaire est en train d’étendre le visuel qu’il a créé pour
Amazon : une courbe – ou un sourire – reliant les lettres A et Z. En
substance, il faut tout faire, de A à Z.