Des opposants gabonais ont brièvement investi, jeudi matin, un hôtel
particulier appartenant à la
famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.
famille Bongo à Paris. Ils en ont été délogés par la police. L’ambassade s’apprête à déposer plainte.
L’hôtel particulier, situé au 4 rue de la Baume, dans le
huitième arrondissement de Paris , a été investi ce 18 janvier par le
même groupe d’opposants ayant procédé à l’envahissement de l’hôtel Pozzo di Borgo situé rue de l’Université, le 13 janvier.
Lors de la première opération, l’un des opposants avait
expliqué vouloir par cette action « constater que le président Ali Bongo
a dépensé des fortunes, plus de 200 millions d’euros, pour acheter et
transformer cet hôtel particulier ».
Ils protestaient également contre « l’interdiction de quitter le territoire pour Jean Ping », précisait alors l’un d’eux.
Ils ont cette fois été délogés par des policiers du
commissariat du huitième arrondissement, qui ont ensuite prévenu en
milieu de matinée l’ambassade du Gabon en France. Celle-ci a confié à Jeune Afrique son intention de déposer plainte, comme elle l’a d’ailleurs fait suite aux événements rue de l’Université.
« On entre dans un engrenage », dénonce Flavien Enongue,
ambassadeur du Gabon en France. « Ils ont pour plan d’occuper
successivement les biens immobiliers qu’ils estiment attachés à la
famille Bongo à Paris », croit savoir le diplomate.
En cours de cession à l’État
Le 4 rue de la Baume est la propriété de la famille Bongo et
fait partie des biens acquis par l’ancien président Omar Bongo Ondimba
entre la fin des années 1980 et son décès en 2009, en son nom propre ou à
travers deux sociétés, la SCI Émeraude et la SCI de la Baume.
Le bâtiment, répertorié dans les enquêtes concernant les
biens mal acquis, est toutefois en cours de cession à l’État gabonais,
sur décision du chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, depuis 2015. Il doit à
terme, et après rénovation, être utilisé à des fins culturelles et
diplomatiques.
Par Mathieu Olivier
Source: Jeune Afrique

