
Cyril Ramaphosa, l'actuel vice-président de l'Afrique du Sud
et président du Congrès national
africain (ANC), le parti au pouvoir,
est l'un des favoris pour succéder à Jacob Zuma en avril 2019 ou plus
tôt si ce dernier accepte de quitter le pouvoir comme le lui demande son
parti. Qui est cet homme politique qui bouscule Zuma et son camp ?
Dates clés:
Né à Soweto (Johannesburg) en 1952
Détenu en 1974 et en 1976 pour des activités anti-apartheid
Crée l'Union nationale des mineurs en 1982
Président du Comité national qui a préparé la libération de Nelson Mandela de la prison en 1990
Devient député et président de la Commission constitutionnelle au parlement en 1994
Devient homme d'affaires à plein temps en 1997 et l'un des hommes les plus riches d'Afrique du Sud
Membre du conseil d'administration de la compagnie minière Lonmil, lors du massacre de Marikana en 2012
Devient vice-président de l'Afrique du Sud en 2014
Elu président de l'ANC en 2017
Cyril
Ramaphosa est l'un des hommes politiques les plus riches du pays de
l'Afrique du Sud, avec une fortune estimée à 450 millions de dollars.
M. Ramaphosa aime les voitures de course et les vins anciens. Mais il est surtout un homme politique et un homme d'affaires prospère.
Il
dirige le parti au pouvoir depuis le 18 décembre 2017, après une longue
bataille politique l'opposant à Nklozana Dlamini-Zuma, ex-épouse de
Jacob Zuma.
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Reuters
Longtemps leader syndical, Cyril Ramaphosa est
devenu le symbole du capitalisme noir en Afrique du Sud après l'arrivée
au pouvoir de l'ANC.
Pourtant, il n'était pas attiré par les
affaires. Il était plutôt un homme politique qui avait l'ambition de
devenir le vice-président de Nelson Mandela, devenu président de
l'Afrique du Sud.
Quand ce dernier ne l'a pas choisi, Cyril
Ramaphosa dit qu'il a été tellement déçu qu'il a refusé d'assister à la
cérémonie de prestation de serment du leader sud-africain. Il avait
aussi refusé d'entrer au premier gouvernement de Nelson Mandela.
M.
Ramaphosa est finalement devenu avocat, puis député et président de
l'Assemblée constitutionnelle, jouant un rôle clé dans la rédaction de
la constitution sud-africaine après l'apartheid, une des plus libérales
au monde.
"Négociateur jusqu'en Irlande du Nord"
Il
est aussi connu comme étant le négociateur en chef de Nelson Mandela
dans les discussions qui ont abouti à la fin de l'apartheid.
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AFP
Fort de cette expérience, il a été invité à être
l'un des deux inspecteurs internationaux en Irlande du Nord. A ce titre,
il a joué un rôle dans le processus de paix en inspectant les caches
d'armes de l'IRA.
Contre l'avis de nombreux Sud-Africains qui le
considéraient comme l'homme politique le plus crédible de la génération
post-Mandela, M. Ramaphosa s'était ensuite retiré de la vie politique,
pour devenir un homme d'affaires.
Leader syndical
M. Ramaphosa a organisé dans les années 1980 la plus grande grève du secteur minier de l'Afrique.
A l'époque, il n'était pas très commun de voir un Noir dans un secteur dominé par des Blancs.
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Pour M. Ramaphosa, c'était une façon de mettre la pression sur le régime ségrégationniste, en vue de mettre fin à l'apartheid.
Il
a acquis des actions dans presque tous les secteurs d'activité clés.
Des télécommunications aux mines en passant par les médias. Il est aussi
le propriétaire de la franchise sud-africaine de la chaine de
restauration rapide américaine McDonalds.
"Marionnette des étrangers"
Cyril
Ramaphosa a toujours eu une emprise sur le comité exécutif de l'ANC, le
parti au pouvoir. Une position qui, selon ses détracteurs, lui a permis
d'avoir des informations clés et un accès aux ministres du gouvernement
utiles à ses affaires.
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Les accusations contre lui se sont intensifiées
après que la police a tué 34 mineurs à Marikana en 2012, l'intervention
policière la plus meurtrière du pays depuis la fin de l'apartheid. M.
Ramaphosa était à l'époque le directeur de Lonmin, la multinationale à
laquelle appartient la mine.
Il a été accusé de trahir les
travailleurs pour qui il se battait autrefois, notamment après la
publication de mails dans lesquels il appelait à l'action contre les
mineurs pour avoir engagé "une action criminelle", une référence à leur
grève violente.
Un jugement l'a reconnu non coupable pour la
tuerie de Marikana. Le parti de l'opposant Julius Malema, l'"Economic
Freedom Fighters" (EFF), le qualifie de "marionnette des étrangers".
BBC Afrique

