Le procureur de la République de Guinée équatoriale a requis la
peine de mort contre 147 militants
du parti Citoyens pour l'Innovation
(CI), selon leur avocat. Ils sont accusés de « sédition » et d'«
attentats contre l'autorité ».
Ils sont 147 à se trouver depuis lundi 12 février sur le
banc des accusés, devant le tribunal de grande instance de Mongomo, le
fief de Teodoro Obiang Nguema. Les circonstances exactes de leurs
arrestations n’est pas connue, mais tous ont été interpellé depuis les
élections législatives de novembre dernier.
Ils répondent notamment des accusations de « sédition »,
« attentats contre l’autorité », « désordre public » ou encore
« blessures graves ». « Le procureur a demandé la peine capitale contre
tous les opposants », a déclaré à l’AFP ce mercredi Me Fabian Nsue, leur avocat.
Le CI dénonce des « tortures »
Le parti Citoyens pour l’Innovation (CI), dont sont membres
les 147 accusés, a affirmé qu’une trentaine d’entre-eux n’étaient pas
capables de se tenir debout lors des audiences qui ont démarré lundi,
« en raison de la torture subie » au cours de leur détention à
« Guantanamo », le surnom donné au commissariat central de Malabo.
Début janvier, Ebbe Ela, un militant de CI est mort en
détention. Le président équato-guinéen avait alors affirmé qu’il n’était
« pas vrai » que ce militant était mort des suites de tortures
infligées à « Guantanamo ».
Le procureur « veut cacher ou faire taire les atrocités et
la brutalité des crimes de torture », accuse le CI dans un communiqué,
affirmant par ailleurs son intention d’aller « devant les tribunaux
internationaux et la CPI pour crimes contre l’humanité ».
Les autorités équato-guinéennes, contactées par l’Agence France-Presse, n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce procès en cours.
Fin décembre, Malabo a affirmé avoir déjoué un coup d’État
visant Teodoro Obiang Nguema. Plusieurs mercenaires avaient alors été
arrêtés dans ce que les autorités ont qualifié d’ »acte de terrorisme international ».
Source: Jeune Afrique