
Selon les états financiers officiels du groupe MTN,
publiés le 8 mars 2018, la filiale au Cameroun de cet
opérateur télécoms
a perdu 2,4 millions d’abonnés entre juin 2017 (9,5 millions d’abonnés)
et décembre 2017 (7,1 millions d’abonnés). Une réduction drastique (la
plus importante depuis l’arrivée de MTN sur le marché camerounais) du
parc d’abonnés, qui a fortement déteint sur les performances globales de
l’entreprise, au 31 décembre 2017.
Pour
preuve, l’EBITDA (bénéfice avant impôts et amortissements) de MTN
Cameroun est tombé à environ 58,5 milliards FCFA (1304 millions de
rands) à fin 2017, après avoir atteint un peu plus de 93 milliards FCFA
(2065 millions de rands), un an auparavant ; soit une baisse
significative d’environ 34,2 milliards FCFA (761 millions de rands). Ce
recul colossal enregistré sur le bénéfice brut de l’entreprise est
lui-même consécutif aux contre-performances alignées par l’opérateur sur
tous les segments de son activité d’exploitation en 2017, exception
faite de la commercialisation de la data (internet) et des services
digitaux.
En
effet, la lecture des états financiers du groupe MTN révèle qu’au cours
de l’année 2017, le chiffre d’affaires de MTN Cameroun a régressé de
36,6 milliards FCFA, passant de 277,2 milliards FCFA en 2016, à
seulement 240,6 milliards FCFA en 2017.
Même
si les revenus générés par les SMS et la voix entrante ont tous chuté,
les plus grosses pertes ont été enregistrées sur la voix sortante,
segment sur lequel les revenus du leader du marché du mobile au Cameroun
ont diminué de 35,6 milliards FCFA, passant de 171,1 milliards FCFA en
2016 à seulement 135,5 milliards FCFA, l’année dernière. Autant
d’indicateurs qui font désormais réfléchir le groupe sud-africain des
télécommunications, sur l’opportunité de poursuivre ses investissements
sur le marché camerounais
En
effet, s’exprimant le 9 mars 2018 à Johannesburg, Ralph Mupita, le
directeur financier de MTN International, a annoncé que ce groupe
sud-africain des télécommunications étudie actuellement la possibilité
de réduire la taille de son marché en Afrique et au Moyen-Orient, en
cédant notamment certaines de ses 22 filiales. Ceci, apprend-on, en
raison de l’étroitesse de certains marchés, de l’état de guerre dans
lequel sont empêtrés certains pays dans lesquels l’opérateur est
présent, et des rapports tumultueux avec les régulateurs de certains
autres pays.
C’est
dans cette dernière catégorie que le groupe MTN classe sa filiale
camerounaise, à cause notamment d’une amende de 3,5 milliards de francs
CFA qui a été infligée par le régulateur local à cet opérateur, en août
2017, pour manquements aux obligations liées à l’identification des
abonnés et à l’usage des fréquences radioélectriques. Cette amende était
assortie d’une réduction d’un an sur la validité de la licence
d’exploitation de MTN Cameroun (renouvelée en mars 2015 pour une durée
de 15 ans), et d’une injonction de désactiver 3 millions de cartes Sim.
Brice R. Mbodiam
Investir
au Cameroun

