
Les difficultés des uns font les délices des autres. Invité spécial de Public Sénat, ce jeudi 4 octobre, François Hollande
a paru se délecter des difficultés actuelles d'Emmanuel Macron. Loin de
se retrancher derrière un quelconque devoir de réserve, il a commencé
par dresser de nouveau un bilan extrêmement sévère de la pratique du
pouvoir de son successeur. Le ruissellement du pouvoir d'achat ? "Du goutte-à-goutte", assène-t-il, un sourire en coin. Le choix de nommer Gérard Collomb au gouvernement en 2017 ? "Il ne vous a pas échappé que je ne l'ai pas pris comme ministre", fait-il remarquer, le sourire gourmand.
"Qu'est-ce qui est inédit dans ce qui vient de se produire ? C'est sûrement la chronique de la crise"
Confronté
à de graves problèmes de ressources humaines durant son mandat
présidentiel, François Hollande ne s'est pas pour autant fait
particulièrement indulgent à l'égard de la crise actuellement traversée
par Emmanuel Macron. "Qu'est-ce qui est inédit dans ce qui vient de se produire ? C'est sûrement la chronique de la crise et son apparent dénouement",ose-t-il. Et de réprimander le président de la République : "Ce
qui à mes yeux ne peut pas être compris, c'est que le ministère de
l'Intérieur ne connaisse pas, aujourd'hui, son titulaire. L'intérim
n'est pas possible pour les questions de sécurité".
Sur la méthode du gouvernement, l'ex-chef de l'Etat n'est pas plus tendre : "Un des problèmes que ce gouvernement connaît est qu'il a voulu ignorer les corps intermédiaires".
De façon plus détournée, le Corrézien d'adoption se laisse enfin aller,
comme il en a l'habitude, à quelques allusions perfides au style
présidentiel de son ancien protégé : "Pour être Président, il faut
allier deux démarches : celle de la hauteur, qui n'est pas d'être
hautain et celle de la proximité, qui n'est pas simplement d'être
tactile". Un vrai réquisitoire en creux contre le tempérament de son successeur.
Cette
offensive prononcée avec délectation ne peut qu'interroger sur les
intentions de François Hollande. Sur sa propre popularité, l'ex-premier
secrétaire du PS s'est toutefois voulu lucide… en ne confondant pas le
public de ses séances de dédicace avec l'ensemble des Français : "Les
gens qui viennent me voir sont ceux qui m'apprécient. Ceux qui ne
viennent pas me voir, je ne peux pas déceler leur intention mais elle
n'est pas forcément positive". En effet, selon un sondage paru dans Le Figaro en août, seuls 17% des François souhaitent sa candidature en 2022.
Source:marianne.net

