
Le Burundi a accusé dimanche la Belgique, son
ancienne puissance coloniale, d'avoir commandité
l'assassinat en 1961 du
héros de l'indépendance et membre de la famille royale le prince Louis
Rwagasore, quelque mois avant son accession à l'indépendance.
C’est la première fois que le gouvernement
burundais accuse officiellement la Belgique d?être responsable de
l’assassinat du prince Louis Rwagasore, risquant de détériorer encore
davantage les relations entre les deux pays.
« Le véritable commanditaire qu’est le Royaume de Belgique, puissance
coloniale de l’époque qui était farouchement opposée à l’indépendance
immédiate du Burundi, n’a pas encore rendu de comptes », dénonce le
porte-parole du gouvernement dans un communiqué.
Une commission technique ad hoc
Le gouvernement « envisage de mettre sur pied une commission
technique ad hoc pour enquêter sur les assassinats (… ) de Rwagasore et
des siens », ajoute-t-il, faisant référence à ses deux enfants morts en
bas âge quelques mois après sa disparition.
Le gouvernement accuse également la Belgique d’avoir « une part de responsabilité dans les différentes crises politico-ethniques qui ont endeuillé le Burundi depuis son indépendance« .
Royaume multiséculaire de la région des Grands lacs, le Burundi a été
une ancienne colonie allemande avant d’être placé sous tutelle belge
après la 2e Guerre mondiale.
Il obtient son indépendance sous l’impulsion du prince Louis
Rwagasore, fils aîné du roi Mwambutsa V, qui deviendra Premier ministre
avant d’être assassiné par un commerçant grec de Bujumbura le 13 octobre
1961, quelque mois avant la proclamation de l’indépendance le 1er
juillet 1962.
Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé.
Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a
fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes. Ces
violences ont poussé la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une
enquête.
Par Jeune afrique

