Le journaliste Arnaud Ardoin signe un livre bouleversant sur
la fin de vie de Jacques Chirac.
Un récit qui repose sur le témoignage de Daniel Le Conte, le dernier compagnon de route de l’ancien président.
Un récit qui repose sur le témoignage de Daniel Le Conte, le dernier compagnon de route de l’ancien président.
Il était aussi grand que Jacques Chirac et l’a suivi comme son ombre
pendant près de quarante ans. De la mairie de Paris à l’Elysée, où il
fut chef adjoint de cabinet. Daniel Le Conte fut de toutes les aventures
politiques de l’ancien président. Plus qu’un collaborateur, il fut
surtout l’indispensable confident des dernières années. Celles du Chirac
affaibli par la maladie qui n’est plus réapparu en public depuis le 21 novembre 2014 lors de la remise du prix de sa fondation.
A
la demande de Claude Chirac, Daniel Le Conte a passé les trois
dernières années de sa vie dans le bureau de l’ex-chef de l’Etat,
presqu’à son chevet. Accueillant les visiteurs de plus en plus rares.
Veillant à ce que le «grand» comme il l’appelle conserve sa dignité en
toute circonstances. Surveillant le moindre signe de faiblesse. Un
dévouement aussi désintéressé qu’exceptionnel car Daniel aimait Chirac
comme un frère. Daniel Le Conte a choisi de raconter cette complicité au
journaliste Arnaud Ardoin.
Avec ce témoignage sans filtre, on
découvre le quotidien de Jacques Chirac dans ses bureaux de la rue de
Lille à Paris puis rue de Tournon où il s’est installé depuis qu’il ne
peut plus marcher. Cet essai permet aussi de percer le mystère Chirac,
ses passions pour les arts premiers, les femmes, la vie avec Bernadette,
sa compassion éternelle pour les enfants handicapés. Décédé d’une crise
cardiaque le 18 juillet 2017, à l’âge de 68 ans, Daniel Le Conte avait
eu le temps de relire les épreuves de ce livre* bouleversant. Soucieux
de ne pas «salir la mémoire» de l’ancien président, il avait donné son
feu vert pour la publication. Ce récit n’est pas un livre de plus sur
Chirac mais celui qui raconte la fin de vie du patriarche de la
République.
Paris Match. Comment est né ce projet de livre avec le témoignage de Daniel Le Conte ?
Arnaud Ardoin.
A l’origine, il n’était pas question de faire un livre avec Daniel Le
Conte. J’enquêtais sur les passions ésotériques de Jacques Chirac, ses
dons de guérisseurs comme l’avait confié l’ancien ministre Pierre
Bédier. Et puis, le hasard a fait que j’ai croisé en mai 2015 la route
de Daniel Le Conte qui habite le IXe arrondissement à Paris
comme moi. On a échangé sur le sujet. On s’est revu et on a sympathisé.
Progressivement, c’est Daniel qui a eu envie de se confier sur sa
relation de fraternité et de complicité avec Jacques Chirac. On a eu une
quinzaine d’entretiens.
Comment a-t-il connu l’ancien président ?
Leur
relation a plus de quarante ans. Leur première rencontre eut lieu dans
la Creuse, au domicile de l’ancien conseiller de Jacques Chirac, Pierre
Juillet. Daniel était ami avec les enfants de Juillet.
"Il avait une obsession : ne pas salir Chirac"
Daniel Le Conte fait le récit de la fin de vie de Jacques Chirac. C’est parfois très intime.
Après
le départ de l’Elysée, c’est Claude Chirac qui lui a demandé de veiller
à son père, d’être à ses côtés pour qu’il reste digne en toutes
circonstances, pour qu’il l’aide à préparer ses entretiens avec ses
visiteurs, le tienne au courant de l’actualité. Il est devenu le
confident. Son dernier compagnon de route.
Jusqu’à sa mort l’été dernier ?
Oui.
Daniel est décédé le mardi 18 juillet 2017 d’une crise cardiaque. Six
jours avant, nous nous étions revus. Il avait relu une dernière fois les
épreuves du livre et apporté quelques corrections. Daniel y a mis sa
patte. Il avait une obsession : ne pas salir Jacques Chirac. La dernière
fois que nous sommes vus, il m’a dit : «Arnaud je suis très fier du
livre.»
*«Président, la nuit vient de tomber», Le mystère
Chirac d’Arnaud Ardoin, ed. Cherche midi, 272 pages, 19 euros. En
librairie le 5 octobre.
Retrouvez dans Paris Match
numéro 3567 en kiosque jeudi les extraits d'un livre bouleversant sur le
crépuscule de Jacques Chirac.

