Si elle ne veut pas l'imposer par la loi, Muriel Pénicaud demande aux entreprises de faire un effort sur les salaires alors que s'ouvre la période des négociations salariales.
La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en a appelé
vendredi aux entreprises, soulignant que "tout le monde doit faire sa
part" face à l'"urgence sociale absolue" dont témoigne la crise des
"gilets jaunes".
Muriel Pénicaud reçoit vendredi matin à son ministère les
organisations syndicales et patronales avec cinq autres membres du
gouvernement. Elle a confirmé que seraient sur la table des discussions,
le sujet de la prime transport et le versement d'une prime
exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges.
"On ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des
salaires, ça n'a pas de sens, on détruirait de la compétitivité et de
l'emploi", a estimé la ministre vendredi matin sur BFM Business.
"Mais en revanche, ça va être le moment des négociations salariales,
la loi Pacte va permettre d'augmenter aussi l'intéressement et la
participation, la loi Avenir professionnel permet d'augmenter les
salaires des femmes - enfin ! - pour que les femmes gagnent autant que
les hommes à poste égal", a-t-elle énuméré.
"Il faut y aller, tout le monde peut faire quelque chose"
Muriel Pénicaud "en appelle aux entreprises: il faut y aller, tout le
monde peut faire quelque chose, donc tout le monde doit faire quelque
chose dans cette dynamique".
Pour la ministre du Travail, "on est d'abord en urgence sociale
absolue, donc en urgence économique". "Que les grandes entreprises
montrent l'exemple - et il y en a beaucoup qui sont prêtes à le faire,
qui le disent. Et il y a des branches qui ont fait l'accompagnement des
salaires ces dernières années, d'autres moins. Je sais qu'elles sont
prêtes à le faire, il faut le faire", a-t-elle martelé.
Interrogée sur la proposition formulée par le président de la région
Hauts-de-France Xavier Bertrand d'une prime exceptionnelle défiscalisée
et exonérée de charges que les entreprises seraient invitées à verser à
leur salariés, la ministre a répondu: "Ça fait partie des sujets qu'on
va discuter avec les partenaires sociaux".
Entourée de Jacqueline Gourault et Sébastien Lecornu (Cohésion des
territoires), Elisabeth Borne (Transports), Julien Denormandie (Ville et
Logement) et Emmanuelle Wargon (secrétaire d'État à la Transition
écologique), Muriel Pénicaud reçoit vendredi matin syndicats et
patronat. A l'exception de la CGT, qui a expliqué son absence par un
refus de se laisser "récupérer" par le gouvernement.
Vendredi après-midi, les mêmes membres du gouvernement recevront
cette fois les associations d'élus, au ministère de la Cohésion des
territoires.
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