
Luigi di Maio,
vice-président du Conseil italien a appelé l'Union européenne à imposer
des sanctions
à la France pour sa politique en Afrique, accusant celle-ci de manipuler et de contrôler les économies des pays qui utilisent le franc CFA. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat en Afrique autour de cette monnaie.
à la France pour sa politique en Afrique, accusant celle-ci de manipuler et de contrôler les économies des pays qui utilisent le franc CFA. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat en Afrique autour de cette monnaie.
Dimanche
20 janvier, Luigi di Maio a appelé l'Union européenne (UE) à imposer
des sanctions à la France pour sa politique en Afrique. Le
vice-président du Conseil italien a déclaré que la France n'avait
«jamais cessé de coloniser des dizaines d'États africains». Les propos
de M. Di Maio sont intervenus au moment où l'Onu a déclaré que deux
embarcations d'environ 170 migrants étaient clairement menacées de
naufrage en méditerranée.
Le
21 janvier, le leader du Mouvement des cinq étoiles et ministre du
Travail et de l'Économie a de plus accusé la France de manipuler et de
contrôler les économies des pays africains qui utilisent le franc CFA.
Ces
déclarations sur le franc CFA, cette monnaie datant de l'époque
coloniale et garantie par le Trésor français, ne sont pas passées
inaperçues sur la Toile africaine et dans l'opinion. Elles ont provoqué
une vague de réactions vigoureuses chez plusieurs observateurs qui
pensent que les États africains devraient sauter sur l'occasion pour
arracher leur indépendance, en sortant du franc CFA.
Dans
une tribune libre publiée sur JeuneAfrique.com, au lendemain des
déclarations de Luigi di Maio, l'essayiste camerounais Yann Gwet
déclare:
Le
franc CFA est né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les
accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité
au Fonds monétaire international (FMI). Il signifie alors «franc des
colonies françaises d'Afrique». Il prendra par la suite la dénomination
de «franc de la communauté financière africaine» pour les États membres
de l'Union Monétaire ouest africaine (UMOA), et «franc de la coopération
financière en Afrique centrale» pour les pays membres de l'Union
Monétaire de l'Afrique centrale (UMAC).
En Afrique, les «zones franc» constituent des espaces monétaires et
économiques. Ces ensembles, formés d'États et de territoires, sont issus
de l'évolution et des transformations de l'ancien empire colonial
français et d'États qui n'étaient pas des colonies françaises, comme le
Cameroun et le Togo, la Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau.
Aujourd'hui, une polémique s'est installée sur la pertinence du maintien
de cette monnaie. De nombreuses voix estiment qu'il s'agit d'une
relique coloniale qui plombe les économies africaines.
Source: fr.sputniknews.com
«L'UE devrait imposer des sanctions à la France
et à tous les pays comme la France qui appauvrissent l'Afrique et
obligent ces gens à partir, parce que les Africains devraient être en
Afrique et non au fond de la Méditerranée», a déclaré Luigi di Maio.
«La France est l'un de ces pays qui, en
émettant une monnaie pour 14 pays africains, empêche leur développement
économique et contribue au fait que les réfugiés partent et meurent
ensuite en mer ou arrivent sur nos côtes.»
Selon le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, c'est en «appauvrissant»
des pays toujours colonisés que la France empêcherait les Africains de
s'épanouir dans leurs propres pays, les condamnant ainsi au funeste
destin de migrants.
«Cette prise de conscience des hommes
politiques européens nous réconforte dans la mesure où l'on se rend
compte que le message des panafricanistes passe auprès d'eux», se
réjouit Pierre Claver Nkodo, journaliste camerounais dans les colonnes
du site d'information Camer.be.
Avant de préciser:
«Nous espérons qu'il y aura un effet boule de
neige au sein de l'Union européenne. La France profite de la pratique de
la langue française pour abrutir la population africaine et continuer à
nous appauvrir. La France, c'est la puissance colonisatrice qui
continue à aller en Afrique pour jouer dans la cour des grands. Il y a
eu des puissances comme le Portugal, la Grande-Bretagne… mais elles ont
quitté l'Afrique», poursuit le journaliste.
Un sentiment de plus en plus partagé dans l'opinion.
«C'est malsain de s'ingérer, de se servir à
gogo dans les affaires internes de 14 pays de tout un continent, sans
que cela ne gêne personne. Dois-je rappeler que Paris contrôle
l'économie de ces États de l'Afrique subsaharienne? Le plus intriguant,
c'est qu'elle bombe le torse au niveau international. Elle se vante
d'avoir pris tout un continent en otage. Cette situation a un impact
négatif sur la marche du monde. L'immigration clandestine en Europe en
est une preuve palpable», s'indigne Didier Ndengue, blogueur
camerounais.
«La mobilisation anti-franc CFA est en effet un
des développements les plus positifs en Afrique ces dernières années.
Mais il y a tout lieu de penser qu'elle est loin de son niveau optimal.
L'ignorance domine encore.»
Il conclut son analyse en indiquant que:
«Sortir du franc CFA exigera au préalable de
remettre l'enjeu de la souveraineté au cœur du débat monétaire africain.
Cela permettra de repolitiser la question monétaire, et d'emprunter les
chemins fertiles tracés par nos leaders d'antan.»
Source: fr.sputniknews.com

