
De source bien introduites, les mis en cause se servaient des ordres de missions fictifs pour abuser du Trésor public.
Fin de course pour quinze fonctionnaires dont onze du ministère des
Finances. Ils ont été mis aux arrêts vendredi 29 mars 2019 alors qu’ils
répondaient à la convocation du Tribunal criminel spécial (TCS). Ils sont accusés de détournement d’une somme estimée à 735 millions FCFA.
Cette enveloppe représente les frais de mission payés frauduleusement à
de nombreux fonctionnaires. Parmi les incriminés, des cadres de la
direction générale du Budget du ministère des Finances, ceux de la
division des affaires juridiques et de la division des ressources
financières et matérielles. En l’occurrence, Vincent de Paul Awono, Koul à Seyi et Mathurin Nnang, l’ex-sous-directeur du contrôle financier.
Selon les informations puisées à bonne source, tout a commencé par
une dénonciation faite par un cadre du ministère de la Recherche
scientifique et de l’innovation en 2017. Bénéficiaire d’un ordre de
mission, cette année-là, le concerné n’a pas pu bénéficier du paiement
des frais nécessaires. Motif les services du Minfi prétendaient qu’il
avait dépassé le nombre de mission dédié à tout fonctionnaire au cours
d’une année soit 100 jours de mission. Après réception de sa fiche de
mission, le dénonciateur constate qu’il a déjà reçu paiement de 12 millions FCFA
soit 300 jours de mission. D’où son indignation et la correspondance
adressée au ministre des Finances. Cette dénonciation va donner lieu à
l’ouverture d’une enquête administrative. Alamine Ousmane Mey
alors ministre des Finances transmet la dénonciation à l’inspection
générale des services de son département ministériel avec l’instruction
de mettre en exergue les stratagèmes par lesquels des paiements aussi
importants avaient été portés au bénéfice du fonctionnaire plaignant à
son insu.Par la suite, l’inspection générale identifiera des ordres de
mission signés par l’ex chef de la cellule du contentieux de la division
des affaires juridiques du Minfi. Mais l’ampleur des dégâts dépasse les
sommes portées au crédit. En scrutant sur trois ans 2015 à 2017, les
sorties frauduleusement sont évaluées à 735 millions FCFA. D’après nos
informations, le mode opératoire résultait soit de la falsification d’un
ordre de mission régulier, soit d’une fabrication partie du néant. Les
concernés se servaient de leurs bulletins de solde et des copies de
leurs pièces d’identité pour obtenir des paiements à leur guise.
Par EcoMatin

