Alors que tout s’effondre au Venezuela, le trafic de cocaïne prospère.
Une enquête de la chaîne de télévision américaine CNN révèle qu'il a explosé en 2018. Le trafic en direction des États-Unis a augmenté de plus de moitié par rapport à l’année précédente, et 240 tonnes ont traversé la longue et poreuse frontière entre la Colombie et le Venezuela. Le tout avec la complicité des forces armées et de l’élite politique du pays, selon plusieurs sources citées dans l’enquête.
Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille
Selon
l’enquête de CNN, les narcotrafiquants utilisent le chaos ambiant au
Venezuela et la complicité des autorités pour exporter leur cocaïne à
l’étranger. La poudre blanche ne pouvant plus s’envoler de son lieu de
production trop surveillé, la Colombie, elle est envoyée de l’autre côté
de la frontière par l’un de nombreux passages clandestins.
Sur place, elle est prise en charge directement par les militaires
vénézuéliens, à en croire plusieurs déserteurs réfugiés en Colombie. La
cargaison est ensuite chargée dans des avions qui décollent la nuit, le
transpondeur éteint, pour ne pas être vus par les radars.
Les
pilotes sont d’anciens professionnels qui ont tout perdu avec la crise.
Ils livrent la cocaïne soit au Honduras, soit en plein milieu des
Caraïbes pour qu’elle soit ensuite acheminée jusqu’aux États-Unis. Selon
l’enquête, les pistes de fortune, autrefois confinées aux zones de
jungle, se multiplient dans tout le nord-ouest du Venezuela, témoin de
l’impunité des trafiquants.
Ce n’est pas la première fois que les autorités vénézuéliennes sont
pointées du doigt dans ce genre d’affaires. Les États-Unis ont
d’ailleurs déjà sanctionné deux cadors du chavisme à ce sujet : Diosdado
Cabello et l’actuel ministre de l’Économie, Tareck El Assaimi.
Par RFI

