Julian Assange présente «tous les symptômes [de] torture psychologique» à laquelle il a été exposé
«La persécution collective de
Julian Assange doit finir maintenant !», a exigé le 31 mai dans un
communiqué Nils Melzer, expert indépendant de l'ONU et professeur de
droit international. Il a en outre ajouté que Julian Assange présentait
«tous les symptômes [de] torture psychologique».
Depuis la
diffusion de documents confidentiels sur les forces américaines par
WikiLeaks en 2010, «il y a eu une campagne implacable et sans retenue
d'intimidation et de diffamation contre monsieur Assange, non seulement
aux Etats-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en Suède et, plus récemment,
en Equateur», a-t-il déploré.
Ce rapporteur de l'ONU, qui parle en son nom, a rendu visite le 9 mai
au fondateur australien de WikiLeaks accompagné de deux experts
médicaux spécialisés dans l'examen des victimes de torture, environ un
mois après son arrestation par la police britannique à l'ambassade
d'Equateur.
Après un «examen médical approfondi» des experts
médicaux, Nils Melzer a jugé «évident que la santé de monsieur Assange a
été gravement affectée par l'environnement hostile auquel il a été
exposé pendant plusieurs années». «En plus de maux physiques, monsieur
Assange présente tous les symptômes typiques d'une exposition prolongée à
la torture psychologique, une anxiété chronique et des traumatismes
psychologiques intenses», a relevé Nils Melzer, jugeant que «les preuves
sont accablantes et claires».
«Monsieur Assange a été
délibérément exposé, pendant plusieurs années, à des formes graves de
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont les effets
cumulatifs ne peuvent être décrits autrement que comme de la torture
psychologique», a-t-il poursuivi.
A la suite d'une demande
d'extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été
interpellé le 11 avril à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il s'y était
réfugié en 2012, en partie pour fuir la justice américaine après la
publication par WikiLeaks de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ
500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée
américaine en Irak et en Afghanistan. Début mai, il a été condamné à 50
semaines de prison par un tribunal britannique pour violation de ses
conditions de liberté provisoire. Et la Suède a relancé des poursuites à
son encontre pour viol présumé en 2010.
De son côté, la justice
américaine a annoncé la semaine dernière 17 nouveaux chefs d'inculpation
contre Julian Assange, notamment en vertu des lois anti-espionnage.
S'il venait à être extradé aux Etats-Unis, il «serait exposé à un risque
réel de violations graves de ses droits humains, y compris de sa
liberté d'expression et d'expression» a estimé Nils Melzer, qui s'est
dit «particulièrement alarmé» par les 17 nouvelles inculpations.
«Cela
pourrait bien aboutir à une peine d'emprisonnement, ou peut-être même
la peine de mort, si d'autres accusations devaient être portées à l'avenir», s'est inquiété Nils Melzer.
Par RT France

